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Date de mise en ligne : 16 décembre 2016

Appel à agir sur les questions économiques et sécuritaires africaines avant de se pencher sur la construction d’un système atlantico-africain

Le chercheur et universitaire marocain Mustapha Rezrazi a appelé, mercredi à Marrakech, à trouver des solutions aux problématiques liées aux systèmes économiques et sécuritaires africains avant de se pencher sur la construction d’un système atlantico-africain.

Intervenant lors d’une plénière dans le cadre de la 5ème édition des Dialogues Atlantiques, qui se tient du 14 au 16 décembre à Marrakech, sous le thème « Changer les cartes mentales: stratégies pour un espace atlantique en transition », M. Rezrazi a relevé que la construction d’une identité africaine reste tributaire de la résolution des différentes questions du Nord et du Sud de l’Atlantique.

Dans une intervention sous le thème « le rôle de l’Afrique atlantique dans l’ingénierie du continent africain, peut-on construire un groupe africo-atlantique ? », il a expliqué que l’identité africaine s’est établie sur trois données principales à savoir la traite négrière, qui a eu un impact sur la partie nord de l’Afrique atlantique et le colonisateur comme force extérieure, qui a dominé la région de l’Afrique du Nord (le Sénégal, la Mauritanie et le Maroc), et la relation Nord-Sud, comme donnée géo-économique, et l’espace maritime comme espace pour la restructuration et la construction d’un système africo-atlantique.

Dans une intervention sous le thème « le silence de la diplomatie sur la religion », Jack Miles, professeur émérite d’études anglaises et religieuses à l’université de Californie, a noté que les questions religieuses ne sont pas assez débattues dans les conférences et rencontres internationales, appelant à élargir les débats sur cette question.

En dépit des efforts consentis pour réconcilier les chiites et les sunnites, le monde islamique a été fractionnée par les guerres, a-t-il ajouté, soulignant que la question de la religion intéresse l’Europe et influe sur l’ensemble des pays européens.

L’enseignante à l’université Al Akhawayn, Bouchra Rahmouni Benhida, a mis l’accent sur l’importance de soutenir les pays en développement pour leur permettre d’élaborer des stratégies efficaces leur assurant la stabilité.

Dans une intervention sous le thème « géo-finances du sud de l’Atlantique, quel rôle des banques et des fonds souverains dans des pays émergents? », cette chercheuse a mis en relief la réussite du Maroc dans la mise en œuvre d’une coopération sud-sud et la présence de banques marocaines en Afrique, qui représentent un moteur de croissance des investissements marocains en Afrique.

Mme Benhida a fait remarquer que les défis sécuritaires de l’Afrique retardent le soutien des banques à ces stratégies.

Organisé par l’OCP Policy Center en partenariat avec le German Marshall Fund of the United States (GMF), ce forum apolitique, qui a démarré ses travaux mercredi, dans la ville ocre, connait la participation de plus de 300 décideurs de sphères différentes, politiques, chefs d’entreprises et société civile d’Afrique, des Amériques, des Caraïbes et de l’Europe.

L’ambition affichée est de créer, à travers des débats ouverts, des canaux d’échange et de concertation entre les deux rives de l’Atlantique.

Lors de la cérémonie d’ouverture, l’OCP Policy Center et le GMF ont saisi cette occasion pour lancer leur rapport commun « Atlantic Currents 2016 » (courants atlantiques 2016).

A noter que le programme de cette édition est intimement lié aux problèmes majeurs qui préoccupent le monde d’aujourd’hui.

Il s’agit pour les intervenants d’examiner les évolutions politiques, économiques et sécuritaires qui refondent les sociétés et leurs relations sur les quatre continents de l’Atlantique.

Selon l’OCP Policy Center, les défis sont durs, depuis la montée des politiques populistes et le renouveau des nationalismes, jusqu’à l’instabilité financière persistante et la lenteur de la croissance, l’amplification des conflits ouverts et des pressions migratoires, au terrorisme et à la violence politique.

Pour répondre à ces problématiques, seront discutés des sujets de fond tels que les tendances économiques et les conséquences régionales de la mondialisation, ou encore les différentes perspectives de prospérité ouvertes à l’Afrique, la finance du développement, l’Europe après le Brexit, la sécurité de l’Atlantique, en examinant les risques, les fragilités et les voies de résilience et les liens entre la religion et les politiques publiques, ainsi que le défi que représente le populisme montant.

Plusieurs autres débats feront l’objet de vives discussions durant la conférence : l’impact de l’innovation et de la technologie sur la gouvernance, le changement climatique, les moyens de contrer le radicalisme et le terrorisme, la question des inégalités genre et sociales, et les défis de la migration et de la mobilité.

La conférence se clôturera avec les « Emerging Leaders », représentants de la jeunesse de la région et des décideurs de demain qui exposeront leur propre vision du futur du bassin atlantique.
15/12/2016