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Date de mise en ligne : 17 juillet 2018

Le Maroc et l’UE procèdent à Rabat au paraphe du nouvel accord de pêche

Le Maroc et l’Union européenne (UE) ont procédé, mardi  24 juillet à Rabat, au paraphe du nouvel accord de pêche Maroc-UE marquant la fin des négociations entamées il y a quelques mois. Les deux parties se sont entendues sur le contenu du futur accord de pêche durable et son protocole d’application, indique un communiqué du ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts.

Cet texte précise entre autres les zones de pêche et les conditions d’accès pour la flotte européenne, à travers la définition précise de zones de pêche et de zones de gestions selon les catégories de flottes et d’espèces cibles.

Ainsi, selon les modalités prévues dans ce nouvel accord nouvelle génération, le niveau des débarquements obligatoires et les catégories de pêche restent inchangées par rapport à l’ancien protocole avec un nombre de navires atteignant les 128, précise le communiqué. Cet accord permettra par ailleurs une augmentation de la contrepartie financière. Celle-ci passera d’une moyenne annuelle de 40,0 M€ à 52,2 M€ (+30%), ajoute la même source.

Les deux parties se sont également entendues sur des dispositions d’amélioration visant à optimiser les retombées et les bénéfices pour les populations locales des zones concernées, relève le document, notant que ces dernières bénéficieront des avantages socio-économiques découlant de l’accord, notamment en termes d’infrastructures, de services sociaux de base, de création d’entreprises, de formation professionnelle, de projets de développement et de modernisation du secteur de la pêche. Une augmentation du nombre de marins marocains à embarquer dans les navires européens est également prévue pour plusieurs catégories de navires. Pour maximiser les impacts socioéconomiques sur ces régions, l’accord maintient un volume de débarquement obligatoire avec une augmentation du niveau des pénalités à 15% au lieu de 5% en cas de non-respect de ces débarquements, souligne le communiqué.

Par ailleurs, dans un objectif de préservation de la durabilité des ressources halieutiques et de la protection de l’environnement marin, plusieurs exigences techniques on été intégrées. Il s’agit entre autres d’une révision des plafonnements de captures de petits pélagiques au sud, en adéquation avec le cycle de vie de ces espèces.

Certaines espèces à préserver et dont la gestion fait l’objet de plans d’aménagement strictes ne sont pas incluses dans le nouvel accord notamment le poulpe et la crevette, poursuit le communiqué.

Cet accord couvre la zone géographique de Cap Spartel à Cap Blanc tout en excluant la mer méditerranée de ce périmètre dans une fin de préservation de ses ressources qui souffrent à plusieurs endroits de surexploitation.

Le système de suivi et de contrôle de la pêche a été renforcé également en rendant obligatoire la présence des observateurs dans certaines catégories qui n’étaient pas prévues dans l’ancien protocole, conclut le communiqué.

Dans une déclaration à la presse à l’issue de la cérémonie de paraphe de cet accord, en présence du ministre de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement rural et des Eaux et forêts, Aziz Akhannouch, M. Bourita a souligné que « le paraphe de l’accord de pêche Maroc-UE est le couronnement d’un processus de négociations, qui ont duré environ trois mois et qui se sont déroulées en sept rounds à Bruxelles et à Rabat, dans des conditions normales, empreintes de consensus entre le Maroc et l’UE ».

M. Bourita a ajouté que ce paraphe concrétise la réalisation de trois objectifs, dont le premier vise à renforcer le partenariat entre le Maroc et l’UE dans le domaine de la pêche maritime, un partenariat qui remonte à plus de 30 ans et qui repose sur plusieurs accords, conclus auparavant.

Le deuxième objectif, a-t-il expliqué, « est de répondre aux manœuvres et aux tentatives visant à perturber ce partenariat ainsi qu’aux interrogations qui remettent en cause l’inclusion dans cet accord du Sahara marocain », notant que « la réponse est claire, étant donné que l’article 1 de cet accord stipule que la zone de pêche s’étend du parallèle 35 jusqu’au parallèle 22, à savoir du Cap Spartel dans le nord du Maroc jusqu’au Cap Blanc dans le sud ».

Cet article prévoit également que la zone de pêche comprend les eaux de la région du Sahara, a poursuivi le ministre, soulignant que « le Maroc ne peut, en aucun cas, ratifier un accord qui ne couvre pas toutes les parties de son territoire ».

Le troisième objectif de cet accord, a affirmé M. Bourita, est de renforcer le secteur de la pêche maritime, notamment dans les zones sud et les zones concernées par ledit accord, à travers la création d’emplois, le soutien du secteur au niveau local et la contribution au développement socio-économique.

Cet accord vise aussi à garantir la durabilité des produits halieutiques dans la région, à travers un nombre de mécanismes permettant de lutter contre la surexploitation des ressources halieutiques dans cette zone, a-t-il dit.

M. Bourita a souligné qu’après le paraphe de l’accord de pêche Maroc-UE, « le processus demeure long », précisant que l’accord doit être ensuite soumis à la procédure législative aussi bien au niveau marocain qu’européen, ce qui « nécessite la même mobilisation et la même action, avec le même esprit de consensus et la même démarche positive », ayant caractérisé les négociations.

Le ministre a indiqué que « cette mobilisation, qui était diplomatique jusqu’à maintenant, doit être également politique », appelant les acteurs politiques à accompagner les prochaines étapes.

Le nouvel accord précise entre autres les zones de pêche et les conditions d’accès pour la flotte européenne, à travers la définition précise de zones de pêche et de zones de gestions selon les catégories de flottes et d’espèces cibles.
25/07/2018