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Date de mise en ligne : 17 mars 2021

Colloque international sur la situation des femmes séquestrées dans les camps de Tindouf

Les travaux d’un colloque international sur « la protection des femmes pendant les crises humanitaires » Organisée, mercredi à Rabat, à l’initiative de la Commission nationale du droit int humanitaire (CNDIH), en commémoration de la journée internationale de la femme.

Cet événement se veut un occasion pour célébrer la Journée internationale de la femme en évoquant les missions assignées à la CNDIH en termes de promotion du droit international humanitaire et de diffusion de ses valeurs et principes humanitaires et en braquant les projecteurs sur toutes les formes de souffrances et de violations dont sont victimes les femmes dans des contextes qui relèvent du domaine d’application du droit international humanitaire.

Ce colloque international a été marqué, notamment, par la participation du chef du gouvernement, Saad Dine El Otmani et de l’ambassadeur Représentant permanent du Maroc aux Nations-Unies, Omar Hilale, ainsi qu’un groupe d’experts et de spécialistes, disposant d’une expérience professionnelle très riche et d’une connaissance approfondie en droit international humanitaire pour cerner l’aspect juridique de la protection des femmes pendant les crises humanitaires et les efforts internationaux déployés dans ce domaine.

Il s’agit aussi de présenter les conditions des femmes séquestrées dans les camps de Tindouf comme un exemple déshonorant de souffrances des femmes.

S’exprimant à cette occasion, la présidente de la Commission nationale du droit international humanitaire, Mme Farida El Khamlichi a souligné que la tenue de ce colloque à Rabat témoigne de l’expérience du Royaume dans l’organisation des manifestations internationales et de son adhésion permanente aux principes humanitaires et de ses efforts inlassables pour atténuer les souffrances des victimes des crises humanitaires dans les différentes régions du monde.

Cette rencontre constitue une occasion d’évoquer la richesse de l’expérience humanitaire du Maroc et de mettre en exergue la vision nationale basée sur une approche humanitaire des conflits, des catastrophes naturelles et des crises sanitaires.

Dans ce contexte, Mme El Khamlichi a rappelé que le Royaume, sous la conduite éclairée de SM le Roi Mohammed VI, a réalisé de grands progrès dans le domaine de la promotion des droits de l’Homme et du droit international humanitaire, en faisant de la protection des droits de l’homme une préoccupation en toutes les circonstances, notamment au niveau d’application du droit international humanitaire.

La Commission nationale du droit international humanitaire veut, à travers le choix du thème de ce colloque, contribuer à la promotion du droit international humanitaire en mettant en exergue ses règles pour la protection des femmes et le déclenchement d’un débat sur le fondement juridique et la réalité pratique de la protection des femmes dans les circonstances exceptionnelles pendant les catastrophes naturelles et sanitaires, a-t-elle relevé.

De même, cerner la question de la « protection des femmes pendant les crises humanitaires » nécessite de braquer les projecteurs sur les souffrances des femmes séquestrées dans les camps de Tindouf dans des conditions inhumaines, où sont victimes des abus et des violations de leur dignité, a ajouté Mme El Khamlichi, notant que le colloque constitue l’occasion d’attirer l’attention, encore une fois, la violation grave des droits fondamentaux des femmes dans les camps de Tindouf.

Si le droit international humanitaire assure la protection des femmes pendant les conflits armés, les souffrances des femmes durant ces conflits soulèvent la question de l’efficacité des dispositions du droit international humanitaire dans la protection humanitaire des femmes et s’interrogent sur l’applicabilité du droit international humanitaire et de la législation nationale en la matière à travers la prévention, la répression, et la lutte contre l’impunité, a-t-elle.

Pour sa part, la présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach a souligné que la protection des droits des femmes implique la mise en place de plans intégrés et clairs pour éviter un environnement incubant les violations, qui ont des effets négatifs directs et indirects sur les droits des femmes et des filles qui sont victimes d’abus susceptibles d’affecter non seulement de nombreux droits fondamentaux, mais aussi le droit humain suprême, qui est le droit à la vie.

Elle a, en outre, relevé que la protection des femmes et des filles doit être assurée à tout moment, dans toutes les conditions et en toutes circonstances, sans aucune exception ni négligence, et pour tous, y compris les conflits qui ont connu un changement de nature, passant d’un état de conflit armé à un état de conflit différent qui ne fait l’objet d’aucune classification et dans lequel les affrontements armés sont absents.

Selon Mme Bouayach, l’absence de structures étatiques accroît la vulnérabilité des femmes, que ce soit en termes d’accès à la santé, à l’éducation, ou aux mécanismes de recours et de lutte contre l’impunité, et entrave considérablement les possibilités de briser le silence des femmes et des filles concernant les violations dont elles sont victimes.

Outre les opérations protectionnistes et la promotion des droits des femmes, la présidente du CNDH a souligné la nécessité d’élaborer de nouveaux programmes et de réfléchir à des stratégies prospectives axées sur l’anticipation et la prévention des violations et sur la réhabilitation des femmes et des filles victimes de violations lors des crises humanitaires.

La délégation par le pays hôte de sa responsabilité juridique à une entité fictive est à l’origine de cette situation confuse, ont affirmé les intervenants à cette rencontre, organisée par la Commission nationale du droit international humanitaire (CNDIH), qui a été l’occasion de présenter plusieurs exemples des multiples et graves violations physiques et psychiques que les femmes marocaines sahraouies ont subies pendant deux générations.

À cet égard, la militante des droits de l’Homme et membre du Conseil Royal consultatif pour les affaires sahariennes, Mme Saadani Maalainine, a livré un témoignage poignant sur son déplacement forcé à l’âge de 9 ans, ainsi que d’autres enfants, vers Cuba, où elle est restée sans aucun contact avec sa famille pendant 18 ans.

Mme Maalainine a également évoqué les violations systématiques des droits de l’Homme dans les camps de Tindouf, affirmant que les dirigeants de ces camps s’affairent à tordre la volonté des habitants pour servir leurs objectifs politiques et personnels.

« C’est un étrange paradoxe que des dirigeants du polisario aux mains souillées par les violations, adoptent une posture victimaire devant le monde », s’est étonnée la militante, qui a dénoncé la violation des droits des enfants par le déplacement forcé, le recrutement militaire, la torture, l’endoctrinement de la haine contre le Maroc, et bien d’autres pratiques odieuses.

De son côté, M. Buchanan Ismael, professeur universitaire et ex-doyen de l’Ecole de l’Economie et de la Gouvernance au Rwanda, a souligné que la volonté du Maroc et du Rwanda convergent vers la défense des droits de la femme et de la promotion de son statut, soulignant que les deux pays font du plaidoyer au niveau international pour mettre fin à ses souffrances, en particulier les femmes victimes d’abus, de persécutions, de privation et de persécution dans les camps de Tindouf et ce, grâce aux réformes institutionnelles entreprises par les deux pays.

M. Buchanan a évoqué, dans ce sens, des exemples des violations dont les femmes ont été victimes dans les camps de Tindouf, notamment le fléau de l’esclavage qui persiste à l’heure actuelle, soulignant que le quotidien de ces femmes séquestrées qui vivent dans des conditions inhumaines reste hors de la surveillance internationale des droits humains, en raison de l’interdiction par le pays hôte d’accès des défenseurs des droits de l’homme aux camps.

L’intervenant a également insisté sur l’urgence du plaidoyer pour les droits des habitants de Tindouf, en particulier les femmes, compte tenu de la poursuite du détournement des aides humanitaires qui affecte le quotidien de ces séquestrés, soulignant la nécessité du recensement de cette population qui constitue « un principe fondamental à toute initiative visant à garantir les droits des femmes dans les camps ».

A son tour, la présidente du Sahara Media Center pour les études et recherches, Mahjouba Daoudi, a abordé les formes de traite des êtres humains, de mariage forcé et d’exploitation sexuelle, lesquelles pratiques s’ajoutent à des exemples glaçants de viol et d’exécution extrajudiciaire des femmes par les dirigeants du polisario ».

Mme Daoudi a fait remarquer que l’absence d’infrastructures sanitaires de base et le recours des séparatistes aux centres de détention aggravent la situation déjà tragique des victimes d’oppression, notamment les femmes et les filles.

Pour sa part, Eric Cameron, le président de l’ONG World Action for Refugees basée en Norvège, a souligné que la situation désastreuse des femmes dans les camps de Tindouf résulte de la poursuite du détournement des aides humanitaires, notant que les séquestrées souffrent de maladies chroniques, telles que l’anémie, corollaire des carences nutritionnelles.

Le programme de cette réunion, à laquelle ont également pris part des responsables gouvernementaux, a été marquée par la diffusion de témoignages vidéos de femmes victimes de violences sexuelles alors qu’elles étaient séquestrées à Tindouf, des témoignages sur le recrutement militaire, et d’autres de femmes retournées à la mère patrie.

17/03/2021