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Date de mise en ligne : 10 juin 2017

Journée de l’Afrique: l’année 2017, une année charnière à plus d’un titre grâce à la Vision Royale africaine

Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, a assuré, jeudi à Rabat, que l’année 2017 aura été une année charnière à plus d’un titre grâce à la Vision Royale africaine.

« Jamais la Journée de l’Afrique n’a été aussi africaine qu’elle l’est aujourd’hui. L’année 2017 aura été une année charnière à plus d’un titre grâce à l’engagement fort et constant de SM le Roi », a indiqué M. Bourita, à l’ouverture de la Journée de l’Afrique organisée autour du thème « Le Maroc pour une émergence collective en Afrique ».

Il a rappelé, dans ce cadre, l’accord de principe donné par la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dimanche à Monrovia (Libéria), à la demande d’adhésion du Maroc à ce groupement régional, ainsi que le retour du Royaume, il y’a quatre mois, à sa famille institutionnelle, l’Union Africaine (UA), lors de son 28 sommet à Addis-Abeba en Ethiopie.

Le ministre a rappelé aussi que SM le Roi a visité durant l’année en cours 12 pays africains et présidé, en novembre dernier à Marrakech, le Sommet Africain de l’Action, tenu en marge de la COP 22 avec la participation de 35 chefs d’Etat africains.

La politique africaine du Maroc, après sa phase fondatrice, atteint aujourd’hui un seuil nouveau, un nouveau palier au niveau de sa portée géographique, de son contenu, de la nature de ses projets et de sa dimension institutionnelle, a souligné le ministre, en expliquant que la politique africaine du Maroc n’est plus confinée à une seule région. Le Royaume étant passé d’une concentration naturelle en Afrique de l’Ouest à une projection sur l’ensemble des sous-régions africaines.

Il a expliqué, dans ce cadre, que le Royaume opère ainsi une ouverture sur de nouveaux espaces, ajoutant que SM le Roi s’est rendu, au cours des 9 derniers mois, dans 8 pays dont 4 en Afrique de l’Est (Ethiopie, Tanzanie, Rwanda, Soudan du Sud), 2 en Afrique australe (Madagascar et Zambie) et 2 en Afrique de l’Ouest (Nigéria et Ghana).

M. Bourita a indiqué à cet effet que les changements intervenus en Afrique et l’émergence d’une nouvelle génération de leaders pragmatiques a facilité cette ouverture sur ces espaces, considérés il y’a encore récemment comme infranchissables, ajoutant que l’évolution de la position de nombreux pays africains sur la question du Sahara marocain a été encourageante puisque 36 pays, soit les 2/3 des Etats de l’Union Africaine ne reconnaissant pas ou plus l’entité fantoche, alors qu’il y’a deux décennies ils étaient une trentaine à le faire.

Le ministre a aussi indiqué que l’offre marocaine en Afrique « est singulière et multidimensionnelle », en ce sens que le Royaume est passé à une politique dense et multidimensionnelle en nouant des partenariats multisectoriels, établis selon une démarche globale, intégrée et inclusive visant à promouvoir la paix et la stabilité, à favoriser le développement humain durable et à préserver l’identité culturelle et spirituelle.

Il a ajouté que l’offre marocaine de coopération en Afrique est unique, puisque le Maroc est le seul pays à avoir une offre de coopération diversifiée qui englobe plusieurs dimensions à caractères diplomatique et stratégique (le Maroc ayant mené une politique de spectre complet pour la paix et le développement), militaire et sécuritaire (le Maroc s’investit dans la formation militaire de nombreux pays africains ainsi que dans la coopération sécuritaire avec les pays du continent), économique (engagement sans précédents des opérateurs économiques marocains), spirituelle et cultuelle (formation des imams et mourchidates et la construction de mosquées), humaine avec un accent sur la jeunesse et multilatérale (le Maroc place l’Afrique au coeur des préoccupations de l’agenda multilatéral).

Sur le plan économique, le ministre a indiqué que le tiers des investissements étrangers du Maroc est destiné à l’Afrique, faisant du Royaume le deuxième investisseur africain dans le continent et le premier dans l’ouest de l’Afrique.

Il a précisé, dans ce cadre, que le volume des échanges commerciaux avec les pays de l’Afrique a connu une hausse de 11 pc durant la période 2015-2018 et que plus de 1000 entreprises sont implantées en Afrique, lesquelles ont investi un total de 2,2 milliards de dollars durant la période 2008-2015, notamment en Afrique subsaharienne.

M. Bourita a, par ailleurs, indiqué que la politique continentale du Maroc combine des projets régionaux structurants avec des projets de taille réduite à fort impact socio-économique, citant parmi les grands projets d’envergure, le gazoduc atlantique qui reliera le Nigéria au Maroc et qui traversera 11 pays africains, la construction d’usine d’engrais au Nigéria et en Ethiopie, le réaménagement de la baie de Cocody en Côte d’Ivoire et le canal de Pangalanes de Madagascar, ainsi que la construction des villes nouvelles à Ramciel au Soudan du Sud, la nouvelle Conakry en Guinée, le réaménagement de de l’ancien aéroport de Dakar en cité d’Affaires.

Le ministre a, par ailleurs, qualifié le retour du Maroc à sa famille institutionnelle, l’Union Africaine (UA), de « retour à la normale, malgré l’adversité qui l’a jalonné, rappelant le discours prononcé par SM le Roi Mohammed VI à Dakar, à l’occasion du 41ème anniversaire de la Marche verte, et dans lequel le Souverain soulignait avec force que « la réintégration par le Maroc de l’Union Africaine n’est pas une décision tactique, pas plus qu’elle n’a obéi à des calculs conjoncturels. Elle est plutôt l’aboutissement logique d’une réflexion approfondie ».

Ce retour à l’UA ne constitue pas « une fin en soi, loin s’en faut ». Il vise à amplifier l’engagement bilatéral du Royaume en Afrique, à donner plus de force à la coopération sectorielle et à contribuer à l’Agenda pour la paix et le développement en Afrique, a-t-il soutenu.

Quant à la CEDEAO, elle constitue l’espace d’appartenance naturel du Royaume, a relevé M. Bourita, précisant que plus de la moitié des visites royales en Afrique et des Accords de coopération qui lient le Maroc à son continent sont avec la CEDEAO.

De même, M. Bourita a qualifié la décision du Sommet de Monrovia d' »importante » dans la mesure où elle ouvre désormais la voie à une insertion « harmonieuse » du Maroc dans un espace auquel il a toujours été lié, précisant que le Maroc n’a pas attendu la demande d’adhésion pour s’engager en Afrique de l’Ouest, mais « il en fait le couronnement d’une action patiente et ancienne ».

Selon M. Bourita, le Maroc veut, aujourd’hui, contribuer à l’émergence de cette nouvelle Afrique, « forte » et « audacieuse » qui prend en charge la défense de ses intérêts et influente dans le concert des nations.

Faisant constat que l’avenir de l’Afrique passe par une introspection « sereine », « éclairée » et « objective », le ministre a relevé que le continent doit encore relever un certain nombre de défis.

Le ministre a souligné que la paix reste le défi lancinant du continent, malgré les nombreux efforts déployés.

L’Afrique reste malheureusement, selon lui, confrontée aux affres de la confidentialité, du terrorisme international, des catastrophes naturelles et des changements climatiques, ajoutant que ces défis qui sont certes nombreux sont toutefois surmontables.

D’un autre côté, et constatant les limites de la coopération classique nord-sud, l’Afrique doit faire un plus grand usage de la coopération sud-sud et notamment de la coopération intracontinentale pour relever le défi de son développement, a souligné le ministre, regrettant que le commerce intrafricain reste limité à moins de 10%, alors qu’il offre un énorme potentiel pour la croissance et l’intégration du continent.

« Notre famille institutionnelle doit évoluer vers une plus grande efficacité et une rationalisation de l’organisation panafricaine, afin d’être en phase avec les attentes des populations africaines », a-t-il indiqué, notant que la réforme de l’UA constitue un chantier important dans lequel le Maroc entend s’investir.

Et d’ajouter que l’investissement dans les jeunes, qui constituent près des 2/3 de la population du continent est fondamental. Ceci passe par une formation adéquate, une insertion « douce » et « encadrée » dans le monde du travail, une habilitation à prendre des initiatives pour créer de la richesse et contribuer à l’essor du continent.
08/06/2017