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Date de mise en ligne : 7 novembre 2015

Mustapha Salma, le militant sahraoui banni pour avoir crié la vérité

Quel crime aurait commis le militant sahraoui Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud pour subir les affres de l’éloignement des siens, il y a à peu près cinq ans ? La réponse est simple: il a décidé de briser l’étau et dire toute la vérité sur le conflit régional du Sahara.

Mal lui en a pris, il a osé remettre en cause les dogmes de la direction illégitime du front polisario, qui vend à l’étranger la chimère du « oasis de démocratie » dans des camps quadrillés paradoxalement par les impitoyables services de renseignement algériens, qui agissent au nom de « la plus grande démocratie du continent ».

Flashback : Après plus de trente ans passés dans les camps après son enlèvement, en octobre 1979, à l’âge de 11 ans, en compagnie de sa mère et de ses frères, il décida de se rendre à Smara, dans le sud du Maroc, pour visiter son père, alors malade.

Pour ses retrouvailles avec la mère-patrie, l’ancien inspecteur général de la police du polisario affiche un soutien sans équivoque au plan d’autonomie proposé par le Maroc pour le règlement définitif de la question du Sahara. Dans sa tête, c’est l’unique issue de sortie de l’impasse, doublée du doux rêve de mettre un terme aux déchirements des familles sahraouies, à la fois victimes et otages de l’entêtement des séparatistes.

A son retour via la Mauritanie vers les camps, où il comptait poursuivre son combat pour la vérité, il fût arrêté, le 21 septembre 2010, par les miliciens du polisario, qui l’ont conduit dans un endroit secret pour subir toutes sortes de torture.

Par son courage et la pertinence de son approche, qui a ébranlé la propagande séparatiste, Mustapha Salma est devenu le porte-voix de milliers d’autres sahraouis muselés, étouffés et terrorisés par les sbires des camps de Tindouf, dans le sud-ouest algérien.

A la faveur d’un élan de solidarité internationale sans précédent, ayant contribué à enfoncer le polisario dans l’isolement et le ridicule, le militant sahraoui retrouve la liberté, le 30 novembre 2010, sous l’égide du Haut commissariat aux réfugiés. Depuis, il vit en Mauritanie avec le statut de réfugié, avec l’espoir de retrouver, un jour, les siens et continuer sa lutte.

De ce fait, il ne se trouve pas seulement priver du droit d’avoir des opinions politiques ou de voir ses enfants, mais il ne peut surtout pas quitter le territoire mauritanien, parce que dépourvu de documents de voyage.

Non sans une pincée d’ironie, Mustapha Salma décrit, lui-même, sa nouvelle situation comme quelqu’un qui est sorti d’une cellule exiguë pour entrer dans une prison plus grande.

Refusant de sombrer dans l’abattement et la résignation, il a observé un sit-in et une grève de la faim de 39 jours devant la délégation du HCR à Nouakchott, après avoir vainement frappé à toutes les portes.

Le cas de ce militant sahraoui est un peu unique dans le monde. Résultant d’une combine cynique entre le polisario et l’Algérie, il est considéré comme un réfugié en transit. Une situation inique et inouïe devant donner matière à réflexion aux défenseurs des droits de l’Homme, qui montent au charbon même pour les détenus de droit commun dans d’autres endroits.

Mustapha Salma dérange parce qu’il était témoin oculaire des atrocités commises dans les camps de la honte, en souffrance des conditions de vie humaines les plus élémentaires malgré les sommes colossales déboursées médiatiquement par Alger pour commercialiser l’idée des « territoires libérés », qui s’est avérée un produit de piètre qualité emporté par les premières pluies. Une preuve tangible de la corruption qui ronge les rangs des séparatistes et de leurs marionnettistes.

Une fois, il a expliqué que les séparatistes sont sans merci à l’égard de toute personne tentée par un retour à la maison, ayant aidé dans cette entreprise ou faisant l’apologie de la reconstruction des familles séparées.

Faisant fi de la terreur et de l’intimidation, plusieurs sahraouis ont transcendé la peur pour braver les contrôles draconiens imposés par les barbouzes algériens et leurs acolytes séparatistes, qui ne se contentent plus du détournement de l’aide humanitaire, mais veulent avoir le contrôle total sur la vie des populations des camps.

En revanche, Mustapha Salma enregistre que, de l’autre côté du mur, il n’a jamais été vérifié que les autorités marocaines ont harcelé les ralliés, y compris ceux ayant porté les armes, ou exercé de la discrimination entre les citoyens vivant dans les provinces du Sud.

Au contraire, elles pratiquent une discrimination positive en faveur des ralliés en vue de les accompagner dans la réintégration, en leur offrant des sommes d’agent, des emplois et des logements, histoire de commencer une nouvelle vie.

En faisant une évaluation objective de la situation, Mustapha Salma ne voit aucune utilité dans la poursuite de cette tragédie humaine, sinon servir les desseins du polisario et de leurs bienfaiteurs algériens, qui ont transformé les populations des camps en boucliers humains et de carburant pour la perpétuation du conflit.