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Date de mise en ligne : 8 avril 2016

Washington: Des cercles institutionnels d’influence appellent à un soutien affirmé au plan d’autonomie au Sahara

Les dérapages sémantiques et les actions scandaleuses du Secrétaire général des Nations Unies, lors de sa dernière tournée dans la région, ont soulevé une profonde indignation à Washington où des cercles institutionnels d’influence et des porte-voix de l’opinion publique US se sont promptement élevés contre une sortie “sans précédent” et “contraire à l’éthique diplomatique”.

Mu par le souci de préserver et de sauvegarder la prospérité, la sécurité et la stabilité dans un ensemble régional vital à la projection des Etats-Unis dans le monde, qui plus est “à un moment décisif dans les relations bilatérales entre Rabat et Washington”, le Congressionnel Morocco Caucus, un groupe bi-partisan au Congrès des Etats-Unis comprenant pas moins de 40 congressmen, a adressé une lettre au Secrétaire d’Etat, John Kerry, dans laquelle il s’est vivement élevé contre les propos et gestes de Ban Ki-moon.
“Comme vous le savez, le SG de l’ONU s’est rendu récemment dans les camps de Tindouf, sous contrôle du polisario, en Algérie ( ) où il a utilisé le terme +occupation+ et soulevé l’idée d’un retour au +référendum+ pour résoudre la question du Sahara”, soulignent, dans cette lettre, les co-présidents de cette instance que sont les congressmen Carlos Curbelo, Gerald E.Connolly, Bernie G.Thompson, et Joe Wilson, en qualifiant la sortie de Ban Ki-moon de “sans précédent” et d’”incompatible avec la position de ses prédécesseurs”.
C’est dans cette optique que les signataires de la lettre se sont dits “convaincus qu’il est important que le Département d’Etat réaffirme la position de longue date des Etats-Unis soutenant une résolution à cette question sur la base du plan marocain d’autonomie au Sahara, sous souveraineté marocaine”.
Et de rappeler, à ce propos, que c’était “le gouvernement des Etats-Unis qui avait pris les devants pour ce qui est de l’abandon de l’option référendaire en faveur d’une solution politique négociée”. “Il est venu le temps de consolider cette politique de longue date”, insiste le Congressional Morocco Caucus.
Dans une démarche similaire, plusieurs anciens ambassadeurs américains à Rabat ont interpellé le chef de la diplomatie US sur l’impératif d’un “soutien sans équivoque” des Etats-Unis aux relations avec “notre plus ancien allié” le Maroc, suite aux dérapages du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, en violation de la neutralité des Nations Unies.
“Nous vous adressons cette lettre afin d’exprimer nos profondes préoccupations au sujet des derniers développements du conflit du Sahara aux Nations Unies”, regrettent les signataires de cette lettre, notant que “l’incident diplomatique causé par les propos de Ban Ki-moon, en violation de la neutralité des Nations Unies, menace d’exacerber davantage le contexte déjà tendu autour du conflit (du Sahara) et éloignerait les perspectives d’un compromis politique, soutenu depuis longtemps par les Etats-Unis et l’ONU”.
Cette lettre a été signée par les anciens ambassadeurs US au Maroc que sont Thomas Nassif, Michael Ussery, Frederick Vreeland, Marc Ginsberg, Edward Gabriel, Margaret D. Tutwiler, Thomas Riley et Samuel L. Kaplan.
Rappelant les enjeux sécuritaires et en matière de stabilité de cette crise sur “l’un des plus importants alliés des Etats-Unis dans la région”, ainsi que les élans de protestation populaires tenus au Maroc contre les propos et les agissements du Secrétaire général de l’ONU, la lettre souligne qu’”il est impératif que les actions des Etats-Unis faisant face à cette crise soutiennent de manière sans équivoque les relations avec notre plus ancien allié”.
“Cela devrait commencer par un soutien US aux efforts légitimes et raisonnables du Maroc visant un règlement de la question du Sahara sur la base du plan d’autonomie, sous souveraineté marocaine”, note la lettre, ajoutant qu’”il est temps pour les Etats-Unis de souligner clairement au Conseil de sécurité des Nations Unies et ailleurs qu’il s’agit bien de la seule solution réaliste à cette question, afin que la communauté internationale puisse s’atteler au traitement d’autres problèmes plus urgents dans la région”.
Le Maroc, poursuivent les anciens ambassadeurs US à Rabat, “continuera, comme il l’a fait par le passé, à s’acquitter de son rôle de leader, œuvrant avec les Etats-Unis et les Nations Unies à faire face aux défis régionaux de l’heure”.
Dans une analyse signée Ahmed Charai, l’influent journal américain Wall Street Journal fait observer, par ailleurs, que le mandat de Ban Ki-moon à la tête de l’ONU est entaché “d’échecs autant personnels qu’institutionnels”, en soulignant que Ban “sensé être le diplomate numéro un sur la scène internationale, avait développé une propension à jeter de l’huile sur le feu des conflits internationaux”.
“Quand le mandat de Ban Ki-moon arrivera à échéance à la fin de l’année en cours, ce sera aussi la fin d’une ère d’incompétence et de mauvaise gestion”, fait observer Ahmed Charai, éditeur et membre du conseil d’administration de plusieurs think tanks américains, en expliquant que les dérapages verbaux et les actions condamnables du SG de l’ONU, lors de sa dernière tournée dans la région, ont porté “atteinte” aux efforts visant un règlement politique, durable et mutuellement acceptable au conflit du Sahara.
En effet, lors de cette visite en Algérie et dans les camps de Tindouf en sa qualité de secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon “a abandonné sa casquette de facilitateur neutre, pour devenir partie au conflit”, allant jusqu’à utiliser le terme “occupation” pour qualifier le recouvrement par le Maroc de ses provinces du sud, note le WSJ.
Les actions de Ban Ki-moon “ne devraient pas surprendre” étant donné ses échecs essuyés dans les crises en Syrie et en Libye. Ces dérapages et actions de Ban sont d’autant plus déplorables et incompréhensibles que les Nations Unies et les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité reconnaissent les mérites du plan d’autonomie au Sahara, sous souveraineté marocaine, qu’elles qualifient de “sérieux et de crédible”.
La publication américaine met en avant, dans ce contexte, l’essor et le développement tous azimuts que connaissent les provinces du sud, sous le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, rappelant que le Maroc a investi plusieurs milliards de dollars dans la mise en œuvre de projets structurants de grande envergure, notamment dans les domaines aéroportuaire, de logement et dans l’enseignement et l’éducation.
“En attisant les passions, au lieu d’agir en tant que faiseur de paix, Ban Ki-moon a porté atteinte à la crédibilité de l’institution des Nations Unies, que le Maroc a accepté en tant que cadre pour les pourparlers de paix et dans laquelle le Royaume a placé ses espoirs”, déplore le Wall Street Journal, estimant que les actions du SG de l’ONU “trahissent davantage une propension habituelle à trahir les idéaux fondateurs de la Charte des Nations Unies”.

Par : Fouad ARIF