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Date de mise en ligne : 28 mai 2016

Bruxelles: L’UE doit contrôler les aides destinées aux populations des camps de Tindouf pour parer aux détournements

Hugues Bayet, député européen a souligné que l’Union européenne (UE) doit exercer un contrôle sur les aides destinées aux Sahraouis séquestrés dans les camps de Tindouf pour parer à toute tentative de détournement et s’assurer que ces aides bénéficient aux personnes qui en ont besoin.

Dans un entretien à la MAP, l’eurodéputé a fait observer que ‘’l’UE contrôle toutes les aides qu’elle octroie, qu’il s’agisse des fonds structurels européens ou des aides agricoles. C’est un principe de justice et de démocratie’’, rappelant que le détournement de l’aide humanitaire européenne destinée aux séquestrés de Tindouf, en Algérie a été révélé par l’Office européen de lutte antifraude (OLAF).

‘’L’aide européenne doit vraiment aller aux personnes les plus fragilisées, à celles qui en ont vraiment besoin’’, a insisté M. Bayet, ajoutant avoir interpelé, une nouvelle fois, la Commission européenne sur cette question.

Il a indiqué avoir saisi la Commission également à propos de la nécessité de réaliser un recensement des populations des camps de Tindouf afin d’évaluer le volume de ces aides et d’éviter toute surestimation.

‘’Ce recensement est incontournable. Il faut qu’on sache exactement combien de personnes ont besoin d’aides’’, a-t-il insisté.

Le rapport accablant de l’OLAF souligne, en effet, que des quantités diverses de l’assistance financée par la Commission européenne sont détournées de leurs destinataires depuis plusieurs années. Ce document précise que la distribution de l’aide alimentaire a été effectuée sur la base de chiffres erronés, un recensement de la population n’ayant jamais été réalisé.

Outre le rapport de l’OLAF, la question du détournement de l’aide humanitaire par le polisario a été dénoncée par nombreuses organisations internationales qui ont décidé de suspendre leur aide aux camps de Tindouf, voire même d’y mettre définitivement un terme. L’eurodéputé a, d’autre part, souligné l’’urgence de trouver une solution au conflit du Sahara, «qui n’a que trop duré», ajoutant que ‘’le statut quo ne fait qu’empirer la situation’’ dans la région.

Il a rappelé que la communauté internationale avait écarté l’organisation d’un «référendum d’autodétermination» considéré comme irréalisable et obsolète.

‘’On parle d’autodétermination c’est quoi l’autodétermination. Par rapport à qui et par rapport à quoi’’, a-t-il fait remarquer. ‘’Avant de parler d’autodétermination, il faut savoir de qui on parle déjà. Comment est ce qu’on définit un Sahraoui. Est-ce que c’est un nomade. Est-ce que c’est quelqu’un qui appartient à un territoire. On peut trouver des Sahraouis aux Etas unis, au Canada, en Mauritanie…’’, a-t-il noté.

L’eurodéputé a, par ailleurs, souligné le rôle capital que joue le Maroc dans la lutte antiterroriste.

«Le Maroc est le pilier de l’Europe en Afrique», a-t-il dit, ajoutant que l’Union européenne ne peut pas travailler toute seule isolée du monde.

Il a précisé que l’UE a renforcé sa collaboration avec le Royaume, notamment en matière de lutte contre le terrorisme, collaboration d’autant plus pertinente, a-t-il dit, que le ‘’Maroc est un Etat démocratique qui fonctionne avec des institutions et avec lequel l’Europe a des relations depuis longtemps’’.

Le Maroc, a-t-il poursuivi, est également un ‘’vrai allié’’ de l’UE s’agissant de la gestion des flux migratoires, soulignaTRnt que depuis plusieurs années, le Royaume respecte ses engagements par rapport à l’Union européenne.

‘’Il faut réchauffer les relations entre le Maroc et l’UE et continuer à travailler avec le Royaume en matière de sécurité, de lutte contre le terrorisme et dans le domaine agricole et économique en général’’, a-t-il ajouté.
27/05/2016