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Date de mise en ligne : 13 mars 2016

Chef du gouvernement: Ban Ki-moon a omis de soulever les violations répétitives des droits de l’homme et des droits des réfugiés dans les camps de Tindouf

Chef du gouvernement: Ban Ki-moon a omis de soulever les violations répétitives des droits de l’homme et des droits des “réfugiés” dans les camps de Tindouf

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a omis de soulever les violations répétitives des droits de l’homme et des droits des “réfugiés” dans les camps de Tindouf, sombrant ainsi dans une partialité flagrante, a affirmé, samedi à Rabat, le Chef du gouvernement, M. Abdelilah Benkirane.

 

Dans son intervention devant les deux chambres du parlement portant sur les derniers développements de la cause nationale, conformément aux dispositions de l’article 68 de la Constitution, M. Benkirane a rappelé les nombreux cas d’enlèvements de femmes (plus de 150), une affaire dont la révélation a défrayé la chronique et focalisée l’attention de la presse internationale, notamment en Espagne pays de nationalité de la majorité de ces femmes enlevées et séquestrées dans les camps de Tindouf où elles s’étaient rendues pour visiter leurs familles.

 

Le Maroc a attiré l’attention au sujet de trois femmes sahraouies séquestrées depuis plus d’un an, et dont les cas ont été soumis aux Nations-Unies, notamment le Haut-commissariat aux droits de l’homme et le Conseil des droits de l’homme par l’intermédiaire de leurs familles et des organisations internationales des droits de l’homme ainsi que des ONGs, a précisé le Chef du gouvernement.

 

Dans ce sens, M. Benkirane a relevé que si le Secrétaire Général de l’ONU a dit vouloir organiser une réunion des pays donateurs d’aide humanitaire en faveur des séquestrés des camps de Tindouf, il a toutefois omis d’évoquer deux questions de grande importance. La première concerne l’urgence d’organiser un recensement de ces populations, revendication exprimée d’ailleurs par le Secrétaire général de l’ONU lui-même dans ses différents rapports et qui constitue, en fait, une obligation vis-à-vis du droit international humanitaire à laquelle appellent l’ensemble des résolutions du Conseil de sécurité depuis 2011.

 

A ce sujet, le chef du gouvernement a fait état de tentatives visant à persuader le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) et le Programme alimentaire mondial (PAM) d’émettre des cartes d’approvisionnement pour les séquestrés des camps de Tindouf sous prétexte de garantir une certaine transparence en matière de distribution de l’aide humanitaire. M. Benkirane a noté qu’il ne s’agit là que d’une manoeuvre pour contourner le recensement nécessaire de ces populations.

 

  1. Benkirane a rappelé que le Royaume avait mis en garde l’envoyé personnel du SG de l’ONU contre le risque de voir cette organisation internationale influencée par cette manœuvre visant à donner l’impression qu’un recensement a eu lieu, estimant que le recensement est une nécessité urgente qui devrait avoir lieu conformément aux principes du Droit international humanitaire.

 

La seconde question, quant à elle, porte sur le détournement systématique depuis quatre décennies de l’aide humanitaire destinée aux populations des camps de Tindouf, une réalité confirmée à maintes reprises par des rapports du HCR, du PAM, de l’Office de répression des fraudes de l’Union Européenne, et dénoncée par la communauté internationale et les pays donateurs, a précisé M. Benkirane.

 

Pour le Chef du gouvernement, toutes ces dérives placent à mille lieux la reprise des négociations, objectif annoncé par M. Ban Ki Moon avant sa visite, à quelques mois de la fin de son mandat.

 

  1. Benkirane a rappelé dans ce sens que le SG de l’ONU avait indiqué lors d’une conférence de presse tenue le 6 mars à Alger, que sa tournée dans la région s’assigne quatre objectifs, à savoir faire une évaluation personnelle de la situation sur le terrain et en informer le Conseil de sécurité, s’enquérir de la situation humanitaire dans les camps de Tindouf, visiter la Minurso et analyser la situation sécuritaire sur le terrain.

 

“Néanmoins, et contrairement aux engagements pris, Ban Ki-Moon s’est départi lors de sa visite à Bir Lahlou, de sa neutralité et de son objectivité, non seulement par ses propos mais également par ses gestes de complaisance injustifiée vis-à-vis d’une entité fantoche dépourvue des éléments constitutifs d’un Etat tel que stipulé par le droit international et l’ONU elle-même”, a-t-il ajouté.

 

Le SG de l’ONU n’a pas respecté les objectifs de sa visite dans la région et est allé même jusqu’à utiliser le terme “occupation” pour qualifier le recouvrement par le Maroc de ses provinces du sud, ce qui déroge de façon drastique avec la terminologie traditionnellement utilisée par les Nations Unies s’agissant du Sahara marocain. Car l’usage d’une telle terminologie est sans fondement politique ou juridique, et contraire au droit international et aux usages en vigueur.

 

Cette attitude hostile n’est pas la première du genre, a souligné M. Benkirane, notant qu’elle a été précédée par d’autres violations ces dernières années, en particulier depuis la nomination de l’actuel envoyé personnel du SG, qui, en 2012, avait tenté d’intervenir directement dans la formulation des résolutions du Conseil de sécurité, marquant ainsi un précédent qui avait amené le Maroc à lui retirer sa confiance.

 

Le même responsable onusien, a ajouté le chef du gouvernement, a été l’instigateur, en 2013, de l’idée d’un éventuel élargissement des prérogatives de la MNURSO, avant de rédiger en 2014 un rapport biaisé qui fut à l’origine d’une nouvelle crise avec le Secrétariat général. Et de rappeler dans ce contexte l’entretien téléphonique entre SM le Roi Mohammed VI et le Secrétaire général de l’ONU, au cours duquel il a été convenu de préserver les paramètres de la négociation tels qu’ils sont définis par le Conseil de Sécurité, c’est-à-dire la facilitation des négociations entre les parties pour parvenir à une solution consensuelle, d’autant plus que le Conseil reconnait les efforts sérieux et crédibles du Maroc, en l’occurrence la proposition marocaine d’autonomie.

 

“Notre étonnement est tel que ces développements interviennent directement après la haute initiative royale de lancer une nouvelle Marche Verte aussi forte que la précédente, basée sur la régionalisation avancée et le plan de développement d’envergure qui fera des provinces du sud l’exception dans la région et un véritable trait d’union entre le Royaume et l’Afrique dans un contexte où le Maroc ne cesse de renforcer sa politique africaine”, a-t-il relevé.

 

Ce projet stratégique, visant à consacrer la position du Maroc dans la région et l’Afrique et à doter les citoyens du Sud d’un modèle de développement, dans un environnement régional externe vulnérable, dérange fortement les adversaires du Maroc, et de ce fait, on ne saurait s’attendre à une moindre offensive contre notre pays dont l’importance ne cesse de grandir, a ajouté M. Benkirane.

 

Selon le chef du gouvernement, après quelques mois seulement du rétablissement de la confiance entre le Maroc et le Secrétaire général des Nations unies, il s’est avéré que la partie onusienne ne tient pas à revenir sur les pas qu’elle avait préparés depuis la nomination de son représentant personnel, en janvier 2009, et qui avait suscité des réactions fortes de la part du Maroc qui avait exigé des garanties pour ne pas dévier du cadre tracé par les résolutions du Conseil de sécurité à propos des agissements du secrétaire général et de son envoyé personnel.

 

Les indicateurs de la persistance de céder aux pressions des ennemis et la tentative de détourner le dossier vers une discussion de solutions qui ne préservent pas l’intégrité territoriale du Maroc, a-t-il rappelé, exigent du Royaume d’opter pour tout ce qui est de nature à défendre ses intérêts stratégiques, en premier chef l’unité nationale et l’intégrité territoriale.

 

“Rien ne peut être au-dessus du caractère sacré de la patrie”, a martelé M. Benkirane, estimant que les quarante dernières années sont suffisantes et susceptibles de dispenser des leçons à ceux qui en ont besoin.

 

A cet égard, il a appelé à se remémorer les expressions fortes contenues dans le dernier discours de SM le Roi Mohammed VI à l’occasion de l’anniversaire de la Marche verte qui réaffirment la non-disposition du Maroc à présenter la moindre nouvelle concession après la proposition d’autonomie, ainsi que le message royal adressé à l’Assemblée générale de l’ONU et l’entretien téléphonique entre SM le Roi et Ban Ki-moon qui réitère le souci du Maroc pour la nécessité d’éviter les approches partiales, et les options périlleuses dans le traitement de la question du Sahara marocain, ainsi que l’impératif de préserver les paramètres de la négociation tels qu’ils sont définis par le Conseil de Sécurité, et de sauvegarder le cadre et les modalités actuels de l’implication de l’ONU.

 

Et de rappeler que SM le Roi a mis en garde que tout écart de cette voie serait fatal pour le processus en cours et porteur de danger pour toute l’implication des Nations-Unies dans le dossier.

 

Le chef du gouvernement a aussi estimé qu’il serait plus judicieux pour M. Ban Ki-moon de mieux évaluer le danger terroriste et l’instabilité qui menacent la région, et de reconnaitre, à l’instar des grandes puissances, le modèle démocratique unique du Maroc qui représente un exemple à suivre au niveau régional à la faveur d’un équilibre entre sécurité et stabilité d’un côté, et renforcement de la sécurité et des droits de l’Homme, de l’autre.

 

Le Secrétaire général de l’ONU devrait par conséquent s’abstenir d’encourager l’éclosion d’entités fantoches et le morcellement régional qui ne peuvent induire qu’à davantage d’instabilité, a-t-il encore dit.

 

  1. Benkirane a aussi tenu à réaffirmer que le Maroc, dans toutes ses composantes citoyennes, institutionnelles, politiques, syndicales et de la société civile, reste uni et soudé lorsqu’il s’agit de la défense de son intégrité territoriale.

 

Et de souligner qu’en dépit des débats, parfois houleux, qui se déroulent sous la coupole du Parlement et qui s’inscrivent dans le cadre de la noble mission de construction de la démocratie marocaine, “nous restons, en pareilles circonstances, unis tel un seul homme, animés d’une volonté et d’une voix unifiées scandant : le Maroc d’abord et avant tout, sous la conduite de notre Roi que Dieu Le préserve et Le glorifie”.

12/03/2016