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Date de mise en ligne : 19 juillet 2017

La Coordination des familles et amis des victimes des événements de Gdim Izik dit respecter les peines « prononcées à l’issue d’un procès équitable »

La Coordination des familles et amis des victimes des événements de Gdim Izik a affirmé respecter les peines prononcées mercredi à l’encontre de 23 accusés et qui sont intervenues « à l’issue d’un procès équitable ayant respecté l’ensemble des garanties énoncées dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Constitution marocaine et le Code de la procédure pénale ».

Par ailleurs, la Coordination a qualifié, dans un communiqué parvenu à la MAP, de « décevantes » les « peines rendues à l’encontre d’accusés dont l’implication dans des crimes odieux a été prouvée de manière incontestable », ainsi que la décision de la cour « rejetant nos requêtes légitimes et légales ». La Chambre criminelle près la Cour d’appel à Salé a prononcé, mercredi à l’aube, des peines allant de deux ans de prison ferme à la perpétuité à l’encontre des accusés dans les événements liés au démantèlement du camp de Gdim Izik.

Soulignant son attachement au droit à un procès équitable en tant que droit universel et humain inaliénable, la Coordination estime que faire connaitre la vérité constitue un acquis important dans l’exercice de ce droit, promettant de poursuivre son action afin d’obtenir ce droit et de prendre l’ensemble des dispositions légales à même de le garantir. De même, la Coordination salue tous ceux qui ont soutenu, d’une manière ou d’une autre, les proches des victimes ainsi que tous ceux dont le concours a permis de dévoiler au grand jour la vérité sur les crimes commis à l’encontre de leurs parents et sur les auteurs de ces crimes.

« A aucun moment nous n’avons été motivés par des sentiments de vengeance ou de haine envers les accusés. En réalité, nous avons toujours été disposés à faire part de notre rejet des peines de mort et de notre adhésion au droit à la vie, de même que nous n’avons nullement souhaité voir les mères et pères des accusés subir les mêmes souffrances psychologiques que nous avons endurées suite à la perte de nos enfants », souligne la coordination, précisant que les avocats ont porté cette position dans leurs plaidoiries. Sur un autre registre, la Coordination note que la Cour a présenté les preuves, dont des témoignages, des documents, des vidéos et des photos, qui attestent sans le moindre doute des crimes commis et de leurs auteurs.

La Cour a également, selon la même source, fait preuve « d’une grande patience et d’un esprit d’ouverture lui ayant permis de s’arrêter sur les circonstances de la mort de 11 victimes de nos fils qui exerçaient dans les rangs de la Protection civile, de la Gendarmerie royale et des Forces auxiliaires et qui ne faisaient qu’accomplir leur devoir professionnel et humanitaire sans commettre aucun acte de violence », faisant observer que les victimes n’ont « même pas réagi aux violences inouïes commises à leur encontre ».

« Des parties soutenant les accusés ont œuvré, tout au long du procès, au vu et au su de tous, à nous provoquer et à minimiser la perte cruelle de nos enfants », regrette la Coordination, faisant savoir que ces parties ont même cherché par tous les moyens à priver les familles du droit de faire entendre leur voix. Elle estime que le procès s’est déroulé dans de bonnes conditions et que la cour a fait preuve d’une gestion souple et équilibrée du dossier ce qui a rassuré et satisfait la Coordination, qualifiant de stratégie de fuite en avant le retrait des accusés dès la première audience.

La Coordination regrette de même l’attitude des accusés qui ont tenté de se placer au-dessus de la loi et de l’autorité judiciaire et d’imposer leurs décisions relatives au refus de répondre aux questions de la défense, avant de boycotter la Cour et de refuser de se présenter, en parallèle à la demande de leur défense de se retirer au moment où la Cour entendait les témoins. La Coordination affirme d’autre part avoir accueilli favorablement la décision de la Cour de cassation d’annuler le verdict prononcé contre les mis en cause par le tribunal militaire et le renvoi du dossier devant une juridiction civile, notant que la loi précédente régissant le Tribunal militaire ne permettait pas aux familles des victimes de se constituer partie civile dans le procès.

« Nous avons tenu à nous présenter devant la Cour d’appel vu que le Tribunal militaire n’était plus compétant à se prononcer dans le procès, et à nous constituer partie civile conformément aux dispositions du Code de la procédure pénale », souligne la Coordination. La Coordination a, par ailleurs, rendu hommage aux avocats « qui ont défendu avec acharnement nos droits et souligné à travers leurs plaidoiries, interventions et notes, nos souffrances psychologiques, sociales et matérielles continues suite à la perte de nos proches, tout en révélant l’horreur des crimes commis contre les victimes ».
19/07/2017