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Date de mise en ligne : 5 janvier 2017

Décès tragique de deux Casques-bleus marocains en Centrafrique : L’autre face de l’engagement infaillible du Royaume en faveur de la paix et la stabilité du continent

Le décès de deux Casques-bleus marocains, dont un officier, appartenant au contingent des Forces Armées Royales (FAR) de la Mission multidimensionnelle de stabilisation des Nations unies en Centrafrique (MINUSCA), est une démonstration, bien que tragique, de l’engagement infaillible du Royaume en faveur de la paix et de la stabilité du continent.

Les deux militaires, tués dans une attaque perpétrée par un groupe armé non identifié, près de la ville de Bria, au nord-est de Bangui, faisaient partie d’une patrouille du contingent des FAR de la MINUSCA, qui était en mission d’escorte d’un convoi logistique de l’ONU.

« Aucune revendication ne saura justifier que des individus dirigent leurs griefs contre des Casques-bleus, dont la présence sur le sol centrafricain n’a d’autre objectif que d’aider le pays à sortir de l’engrenage de la violence », a indiqué le Représentant spécial du Secrétaire général et chef de la MINUSCA, Parfait Onanga-Anyanga.

« Tout sera mis en œuvre pour traquer et mettre la main sur les auteurs de ces attaques afin qu’ils soient traduits en justice », a-t-il affirmé, dans un communiqué, rendu public, suite à cette attaque.

Cet incident dramatique, qui s’ajoute à d’autres survenus autrefois sur le continent africain, illustre de manière éloquente la ferme volonté du Royaume de persévérer dans sa contribution aux efforts de maintien de la paix et de la stabilité, en payant le prix fort de voir le sang de ses enfants versé en faveur de causes justes et légitimes.

Le sang de soldats marocains a été versé aussi en Côte d’Ivoire en 2009, lorsqu’un membre du contingent marocain de la mission de paix de l`ONU dans ce pays (ONUCI) est décédé, dans un accident près de Bangolo, dans l`ouest du pays. Le sergent Mohamed Tiktik, 47 ans, était père de quatre enfants.

Environ un an auparavant, un autre Casque-bleu marocain a perdu la vie alors qu’il accomplissait son devoir pour le maintien de la paix en Afrique. Le Commandant Mohamed Chemal, qui servait dans le contingent marocain déployé près de la ville ivoirienne de Bouaké de l’ONUCI, avait reçu, à titre posthume, la médaille Dag Hammarskjold.

Le travail accompli par les contingents marocains a été hautement salué par les Nations Unis, en Côte d’Ivoire, mais aussi en République démocratique du Congo (RDC).

La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies pour la Côte d’Ivoire et chef de l’ONUCI, Aïchatou Mindaoudou, l’avait affirmé sans équivoque en mai 2016: « Je fais part de ma satisfaction de la qualité des services que le contingent marocain a rendus, mais surtout pour l’attachement du Royaume du Maroc au retour de la paix en Côte d’Ivoire ».

« Depuis 2004, les contingents marocains qui se sont succédé au sein de l’ONUCI, ont toujours assuré efficacement, avec professionnalisme et dévouement, les missions qui leur ont été assignées au service de la paix, de la sécurité et de la réconciliation nationale de la Côte d’Ivoire », a-t-elle rappelé, lors d’une cérémonie de remise de la médaille de l’ONU aux Casques-bleus marocains.

A noter qu’un important contingent de Casques-bleus marocains est également déployé dans le cadre de la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la République démocratique du Congo (RDC).

En outre, le Maroc n’a jamais épargné le moindre effort ni lésiné sur les moyens, aussi colossaux soient-ils, pour être aux côtés des pays frères du continent qui subissent de plein fouet les affres de la guerre et de l’instabilité politique, qui sont victimes d’aléas climatiques ou désireux de tirer profit de son expérience, son savoir-faire et son expertise dans divers domaines, dans le cadre de la coopération Sud-Sud.

Cette coopération, cheval de bataille de la politique africaine du Royaume, ne cesse de se concrétiser au fil des années et donner corps à de véritables partenariats stratégiques scellés avec plusieurs pays de l’Afrique subsaharienne, à la faveur de nombreux périples fructueux et prometteurs effectués par SM le Roi Mohammed VI à travers le continent.

Si les accords, conventions et partenariats sont jusque-là conclus avec les pays du continent dans le cadre d’arrangements bilatéraux, ils gagneraient à être replacés dans un contexte institutionnel qui soit à même de leur conférer une plus-value et une dimension panafricaine incontestable.

En effet, c’est à partir de cette vision clairvoyante que le Maroc a formulé sa demande officielle de réintégrer l’Union africaine (UA), ex-Organisation de l’Unité Africaine (OUA).

Certes, de par son dynamisme, son engagement et sa volonté de clamer de vive voix sa légitimité et géographique et historique, outre ses racines africaines, le Maroc estime que le temps est venu pour réintégrer sa famille institutionnelle africaine.

Parmi les principaux pourvoyeurs africains de contingents onusiens de maintien de la paix et deuxième investisseur africain dans le continent, entre autres, le Maroc investit et s’investit en Afrique, devenue la profondeur stratégique du Royaume.

Le retour du Maroc au sein de sa famille institutionnelle continentale lui donnera la capacité requise pour faire entendre la voix de l’Afrique dans les forums multilatéraux et consolidera l’engagement du royaume pour la sécurité et la stabilité dans les régions qui vivent des situations de tension et de guerre, en dépit des sacrifices à consentir en hommes et en ressources.
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Khalid BARKA
04/01/2017