A la une

politique


Date de mise en ligne : 18 novembre 2020

La décision du Maroc d’agir à Guergarate : quatre questions au géo-politologue rwandais Ismael Buchanan

Le géo-politologue rwandais et consultant de renom en relations internationales, Ismael Buchanan, livre dans un entretien à la MAP sa lecture de la décision du Maroc d’agir pour sécuriser la zone tampon de Guergarate au Sahara marocain et de mettre un terme aux actes criminels et provocations des sbires du “polisario”, soutenus par leur mentor l’Algérie.

Le professeur des sciences politiques à l’Université du Rwanda (UR) s’arrête sur la légitimité de la décision marocaine ainsi que sur les succès diplomatiques accomplis par le Royaume dans la question du Sahara marocain.

Ce consultant auprès d’organisations régionales et internationales revient également sur les effets du blocage du passage commercial de Guergarate reliant les postes-frontière marocain et mauritanien et les violations par le “polisario” des dispositions du droit international et des résolutions de l’ONU.

Après avoir fait preuve de retenue, le Maroc a décidé d’agir pour libérer et sécuriser la zone tampon de Guergarate reliant le Maroc à la Mauritanie, bouclée depuis le 21 octobre par les milices du “polisario” malgré les injonctions des Nations Unis. Quelle lecture faites-vous de cette décision et des récents développements dans la zone de Guergarate?

La décision du Maroc d’agir pour mettre un terme aux actes de déstabilisation et provocations dangereuses du “polisario” dans la zone tampon de Guergarate, au Sahara marocain, est une décision légitime, mais aussi nécessaire pour la reprise de la libre circulation commerciale dans le passage reliant le Maroc à la Mauritanie.

Aucun pays souverain ne peut se permettre de tolérer des actes de banditisme et de déstabilisation près de ses frontières. Le Royaume, il faut le dire, a fait preuve de sérénité et d’une grande retenue avant de prendre la ferme décision de remettre le “polisario” à sa place. Nul ne peut contester cette décision souveraine.

Je vois que le Maroc a su gérer sereinement et intelligemment cette crise artificielle provoquée dans le but d’attirer l’attention et de se rebeller contre les résolutions de l’ONU et de la légitimité internationale.

D’après votre expérience en tant que consultant en relations internationales, pourquoi le “polisario” a choisi de telles provocations et gesticulations ?

Il est clair que le “polisario”, soutenu par son mentor, a agi en mauvais perdant en bloquant le passage commercial international de Guergarate après les succès diplomatiques décisifs remportés par le Maroc dans le dossier du Sahara marocain, comme en témoignent les dernières résolutions de l’ONU et l’ouverture de nombreuses représentations diplomatiques dans les provinces du Sud du Royaume.

Ce qui s’est passé dans la zone tampon de Guergarate est une violation flagrante des dispositions du droit international et des directives du Secrétaire général de l’ONU. Le blocage inexplicable, et probablement irréfléchi, de cette zone et de son passage commercial a porté atteinte aux échanges commerciaux, non seulement entre le Maroc et les pays africains, mais aussi entre l’Europe et l’Afrique.

Et pourquoi maintenant ?

Force est de constater que les derniers agissements du “polisario” sont consécutifs à la résolution 2548 du Conseil de sécurité, qui consacre l’autonomie comme unique initiative sérieuse et crédible vers une solution politique et rompt avec les thèses dépassées qu’avancent les séparatistes.

Selon votre point de vue, quelles conséquences peuvent avoir ces actes criminels et violations probablement irréfléchies comme vous l’avez souligné ?

Désormais, les séparatistes du “polisario” et l’Algérie sont perçus par la communauté internationale et africaine comme une menace sérieuse à la stabilité de la région et aux ambitions de développement et d’intégration auxquelles aspirent les peuples africains.

De l’autre côté, le Maroc a su gagner le soutien de l’ONU, de la communauté internationale et de la grande majorité des pays africains avant d’agir fermement pour mettre fin à ces violations flagrantes qui menacent le commerce transfrontalier, ainsi que la stabilité et la sécurité de toute la région.
………………..
-Propos recueillis par Anass BELHAJ-
17/11/2020