L’ère coloniale

Le Maroc a été toujours la cible des appétits des puissances coloniales en raison de sa position géographique et sa proximité avec les pays européens.

Le traité d’Alcaçovas conclu entre le Portugal et l’Espagne en 1479 avait constitué une plateforme pour Madrid en vue d'occuper le sud du Maroc et les îles Canaries. Le traité entérinait la domination portugaise sur les côtes africaines et les îles atlantiques, à l'exception des îles Canaries. Le Traité d’Alcaçovas avait également stipulé la reconnaissance par l’Espagne de la légitimité du Portugal de conserver l’exclusivité de la conquête du Royaume de Fès, en contrepartie de l’approbation par Lisbonne de l'occupation par les Espagnols des îles Canaries. A partir de l'année 1865, les Espagnols ont lancé de nombreux raids sur la côte sud marocaine dans le but de s’y installer, d’exploiter ses richesses halieutiques et de contrôler le flux des échanges commerciaux tout en repoussant toute tentative des autres puissances coloniales d’intervenir dans ces zones.

Et jusqu’à 1884, les forces coloniales espagnoles n’avaient pu étendre son autorité sur l'ensemble du territoire marocain en se limitant seulement au contrôle du comptoir commercial à la presque île de Dakhla et ce, en raison de la résistance marocaine féroce d'une part et des difficultés financières auxquelles était confrontée l'Espagne de l'autre.

L'Espagne avait dû attendre une longue période. Son rapprochement avec la France s’était soldé par la conclusion d'accords entre les deux puissances coloniales, dont celui signé le 27 juin 1900, qui avait fait le tracé des zones d’influence de chacune d’entre elles au Sahara. Les dispositions de ce traité avaient été confirmées dans les traités datés du 3 octobre 1904 et du 27 novembre 1912.

Suite à quoi, les Espagnols lancèrent une série d’attaques sur plusieurs régions du Maroc, lui permettant d’occuper un comptoir commercial à Tarfaya en 1916 avec le soutien des Français, ainsi que de la ville de Lagouira en 1920. Les Espagnols n’avaient, toutefois, pu soumettre toutes les tribus du Sahara marocain qu’en 1934 avec l’occupation de Smara et de la région de Oued Eddahab.

Le traité de Fès du 30 mars 1912 avait instauré le protectorat français sur le Maroc. Mais, un accord avait été conclu avec l'Espagne, le 27 novembre 1912, définissait les trois zones d'influence espagnole, au Nord, au Sud, et autour d'Ifni, conformément à un accord secret conclu le 3 novembre 1904, à la suite de l'Entente cordiale franco-britannique du 8 avril 1904. Par ailleurs, la zone de Tanger avait été soumise à un régime particulier qui sera plus tard précisé par la convention de Paris du 18 décembre 1923.

Au moment de la concrétisation de ces partages entre ces deux pays, lors de la signature du protectorat en 1912, le Maroc a perdu son indépendance et sa souveraineté.

Cependant, la résistance marocaine héroïque avait été menée dans toutes les régions jusqu’à l’annulation du protectorat en vertu de l’accord franco-marocain signé le 2 mars 1956, qui a mis fin au traité de 1912 et permis au Maroc de recouvrer son indépendance. S’en était suivi l’accord maroco-espagnol en date du 7 avril 1956 en vertu duquel le protectorat espagnol sur la Zone Nord est abrogé et le Maroc récupère ses territoires occupés.