A la une

economie


Date de mise en ligne : 29 juin 2017

L’adhésion du Maroc à la CEDEAO renforcera la coopération commerciale du Royaume avec l’Afrique de l’Ouest

L’adhésion du Maroc à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) permettra au Royaume de renforcer ses liens commerciaux en Afrique de l’Ouest, grâce à des relations étroites avec l’Union européenne (UE) et à une base industrielle croissante, écrit l’Oxford Business Group.

La CEDEAO a donné dernièrement son accord de principe à la demande d’adhésion du Maroc, rappelle l’OBG, indiquant que bien que le Royaume ne partage aucune frontière avec ce bloc des 15 nations, son intégration à ce groupement va lui offrir la possibilité d’entrer dans cette zone de libre-échange qui affiche un produit intérieur brut (PIB) combiné de près de 562,2 milliards de dollars.

La demande d’adhésion du Maroc à la CEDEAO survient au lendemain de la signature, le 18 mai, de deux protocoles d’accord entre le Royaume et le Nigeria, le principal Etat membre de la CEDEAO en termes de population et de PIB, souligne l’Oxford Business Group.

Le premier de ces protocoles fixe les modalités d’un partenariat entre la Nigerian National Petroleum Corporation, la compagnie pétrolière nationale du Nigeria, et l’Office national des hydrocarbures et des mines du Maroc, dans le cadre duquel les deux organismes assumeront conjointement la gouvernance, la gestion et le financement d’un gazoduc qui reliera les deux nations.

Ce gazoduc régional devrait bénéficier à plus de 300 millions de personnes. Au cours des deux prochaines années, les deux organisations se pencheront sur la réalisation d’une étude de faisabilité ainsi que sur les études d’ingénierie et de conception d’avant-projet.

Le second protocole d’accord définit les modalités du deuxième volet d’un accord bilatéral relatif aux engrais, appelé « Fertiliser Initiative ».

Le premier volet du projet a été marqué par la réouverture de 11 usines de mélange d’engrais au Maroc, tandis que le second porte sur le développement d’une plateforme d’échange de produits chimiques de base et le renforcement des réseaux de distribution locaux.

Selon Jean AbiNader, directeur exécutif du Conseil maroco-américain pour le commerce et l’investissement, cité par l’OBG, l’intégration progressive du Maroc aux marchés de l’Afrique subsaharienne est révélatrice des difficultés que rencontre l’Union du Maghreb arabe (UMA) pour progresser de façon concrète vers ses objectifs économiques.

La coopération limitée entre les Etats membres de l’UMA depuis sa création en 1989, précise-t-il, a incité le Royaume à miser sur des liens commerciaux plus forts avec des partenaires du sud, avec lesquels il a signé quelque 950 accords bilatéraux depuis 2000.

Si le Maroc s’efforce de renforcer les liens de coopération sur le continent africain, son principal partenaire commercial reste toutefois l’UE, qui représentait 55,7 pc des échanges et 61,3 pc des exportations en 2015, soulignent les experts de l’Oxford Business Group.

Le commerce des marchandises entre les deux marchés a progressé de manière régulière ces dernières années, passant de 29,3 milliards d’euros en 2014 à 30,6 milliards en 2015, puis 34,6 milliards l’an dernier, d’après les données du FMI, citées par l’OBG.

En 2016, les machines et équipements de transport représentaient 40,4 pc des 13,8 milliards d’euros d’exportations à destination de l’UE, suivis par les produits agricoles (23 pc), et les textiles et vêtements (20,3 pc).

D’après les experts de l’OBG, l’évolution récente des secteurs automobile, aéronautique et électronique du Maroc laisse également entrevoir des perspectives favorables pour les échanges commerciaux.

En avril 2016, le constructeur automobile français Renault a annoncé des investissements dans le Royaume à hauteur de 1 milliard de dollars, tandis qu’au mois de septembre, le pays a signé avec le géant aéronautique américain Boeing un protocole d’accord portant sur la création d’une zone industrielle dédiée au segment, souligne l’étude du cabinet d’études britannique.

Plus récemment, en mars dernier, la société aéronautique chinoise « Haite » a annoncé son projet de financement de la Cité Mohammed VI « Tangiers Tech », une ville industrielle et technologique qui s’étendra sur 2.000 hectares à proximité de la ville de Tanger, et dont la construction est chiffrée à 10 milliards de dollars, rappelle l’OBG.

Mais les bonnes nouvelles ne s’arrêtent pas là : en avril, la société de logistique américaine UPS a inauguré un entrepôt de 1.300 mètres carrés à Casablanca, tandis qu’au mois de mars, l’équipementier Sogefi, filiale du groupe italien CIR, a annoncé l’ouverture à Tanger de sa première usine africaine.

Selon l’étude de l’OBG, le développement de ce site, qui couvrira 10.000 mètres carrés et devrait être achevé l’an prochain, est évalué à quelque 10 millions d’euros, un projet qui pourrait être étendu de 25.000 mètres carrés d’ici à 2021.

La capacité du Maroc à attirer des partenaires internationaux et de grands groupes industriels a incité l’agence de notation de crédit Moody’s à relever la perspective de la note du Royaume de stable à positive en février, rappellent les experts du cabinet de consulting britannique.

« Les nouvelles industries exportatrices dynamiques » au Maroc constituent la force motrice d’une « position extérieure améliorée, concrétisée par l’accumulation de réserves de change », souligne l’agence mondiale de notation.
29/06/2017