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Date de mise en ligne : 20 décembre 2016

Rapport de McKinsey Global Institute : Le continent africain recèle trois grandes opportunités pour le Maroc

La poursuite de l’essor économique du continent africain recèle trois grandes opportunités pour le Maroc, selon le think thank McKinsey Global Institute (MGI), qui a publié fin septembre un rapport intitulé « Les Lions en mouvement II – Réaliser le potentiel économique de l’Afrique ».

Il s’agit en effet des opportunités d’accroître les débouchés commerciaux du Royaume, de densifier ses liens économiques avec l’Afrique de l’Est et le Nigeria, en forte émergence, et de renforcer la coopération technique en diffusant les bonnes pratiques du modèle marocain, précise McKinsey & Company Maroc dans un communiqué.

Concernant la première opportunité, MGI met l’accent sur l’accroissement des échanges intra-régionaux en tant que priorités pour le Maroc qui pourrait augmenter ses parts de marché à l’export, tant pour les biens que les services, du moment que le continent africain demeure dépendant aux importations.

Le Maroc pourrait ainsi viser, en l’espace de dix ans, de faire passer ses exportations automobiles vers l’Afrique de 1,6 à 7 milliards de dirhams (MMDH), celles agroalimentaires de 1,4 à 5,9 MMDH, et celles de matériel électrique de 1,5 à 4,5 MMDH, estime l’institut, notant que la consommation pour ces catégories de produits devrait être tirée surtout par deux segments, à savoir les consommateurs de classe moyenne mondiale et les consommateurs émergents, qui disposent d’un pouvoir d’achat discrétionnaire.

Géographiquement, c’est au Nigéria et en Afrique de l’Est que ces segments connaîtront la croissance la plus rapide, ajoute la même source.

Pour les services, le Maroc dispose d’un avantage concurrentiel dans les activités financières et services professionnels, notamment à travers la plateforme Casablanca Finance City, fait savoir le communiqué, indiquant qu’il pourrait mettre à profit, par exemple, l’essor attendu des produits d’assurance-vie dont la collecte serait susceptible de progresser de 20 milliards de dollars d’ici 2025, et les besoins de financement de projets, avoisinant les 150 milliards de dollars par an dans les infrastructures seules.

S’agissant de la deuxième opportunité, le Maroc devrait raffermir les liens économiques qu’il a commencé d’établir avec certains pays d’Afrique anglophone, en particulier le Nigéria et l’Afrique de l’Est.

Première économie d’Afrique, le Nigéria devrait générer, à lui seul, 15 % de la croissance des dépenses de consommation du continent d’ici 2025, ainsi que 23% de la croissance des dépenses des entreprises, au moment où l’Afrique de l’Est (Ethiopie, Kenya, Rwanda et Tanzanie) devrait afficher un dynamisme comparable.

Selon le directeur associé de McKinsey au bureau de Casablanca et coauteur de l’étude, « deux vecteurs prioritaires peuvent aider le Maroc à conforter son rôle économique dans ces régions à haut potentiel », le premier concerne les champions nationaux devenus champions africains, en particulier dans les secteurs bancaire et de l’assurance, les télécoms et l’industrie, l’agriculture et les fertilisants.

Quant au second vecteur d’importance, il porte sur la logistique, commerciale et aérienne, et consiste à renforcer les liaisons aériennes avec les principales métropoles d’Afrique de l’Est, comme Nairobi, Kigali ou Adis Abeba, qui sont en plein essor aujourd’hui, et envisager l’établissement de plateformes logistiques régionales à même de favoriser le commerce inter-régional, ajoute le responsable.

Pour ce qui de la troisième opportunité, le Maroc pourrait renforcer ses programmes de coopération technique, et apporter son expertise dans ces domaines prioritaires pour le continent, grâce à son modèle qui est cité à plusieurs reprises, notamment son expérience réussie d’attraction d’investissements.

D’autres pays d’Afrique pourraient ainsi vouloir s’inspirer des politiques menées par le Maroc depuis les années 90, et qui répondraient à leurs enjeux actuels ou à venir, par exemple en matière de développement des logements sociaux, d’électrification rurale, de formation professionnelle ou d’attraction d’investissements étrangers.

Par-delà les turbulences économiques et monétaires liées à la chute des cours des matières premières et aux évolutions politiques, les économies africaines devraient continuer de croître à un rythme soutenu, tel est le principal enseignement de ce rapport, qui estime que l’Afrique devrait ainsi rester la deuxième région du monde en plus forte croissance d’ici la fin de la décennie. Selon les prévisions, les dépenses des ménages et celles des entreprises devraient y progresser de 1600 milliards de dollars à horizon 2025.
19/12/2016