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Date de mise en ligne : 20 mai 2016

Le rapport du Département d’Etat s’inscrit dans un “complot systématique” contre l’intégrité territoriale du Maroc

Le dernier rapport du Département d’Etat US sur la situation des droits de l’Homme au Maroc s’inscrit dans le cadre d’un « complot systématique » qui ne vise pas uniquement à porter atteinte à l’intégrité territoriale du Royaume, mais également à la stabilité dans toute la région de l’Afrique du Nord, a indiqué Tajeddine El Husseini, professeur des relations internationales à l’Université Mohammed V-Agdal de Rabat.

Le Maroc, qui fait partie des rares pays qui ont pu préserver leur sécurité et leur stabilité, donne l’exemple en matière de lutte contre le terrorisme, dans un contexte d’instabilité que connaissent plusieurs pays de la région qui portent toujours les stigmates du « Printemps arabe », a affirmé M. El Husseini dans une déclaration à la MAP.

Le rapport du Département d’Etat entre dans le cadre d’un « complot systématique » ourdi par plusieurs parties influentes aux Etats-Unis, notamment des lobbys et certains membres de l’Administration américaine avec le concours d’organisations non gouvernementales qui s’intéressent à la question des droits de l’Homme comme Human Rights Watch, Amnesty international et la Fondation Kennedy, dans l’objectif de dévier le dossier du Sahara de son contexte normal, a-t-il expliqué.

Le Département d’Etat a réservé une bonne partie de son rapport (34 pages) aux droits de l’Homme au Maroc et 10 autres à la situation dans la région du Sahara, a-t-il fait observer, relevant que le document comprend des allégations dangereuses sur des supposées violations des droits humains dans la région, s’adonne à de nouvelles interprétations du principe d’autodétermination outrepassant le plan marocain d’autonomie, et évoque aussi l’élargissement du mandat de la MINURSO aux droits de l’Homme.

« Tout cela montre qu’il y a des choses qui se préparent dès maintenant en coulisses en perspective du rendez-vous d’avril 2017 », a-t-il mis en garde.

Il a en outre relevé que la réaction du Maroc était attendue à commencer par les réunions tenues entre le ministère de l’Intérieur et l’ambassadeur américain à Rabat pour clarifier les choses, notant que l’entêtement du Département d’Etat et sa réaction au communiqué du ministère des affaires étrangères et de la coopération à ce sujet ainsi que la convocation de l’ambassadeur US par les autorités marocaines, témoignent de l’existence d’une « certaine crise » dans les relations entre les deux parties.

Après avoir rappelé que le Maroc a ouvert depuis 2006 un dialogue avec les Etats-Unis sur la question des droits de l’Homme pour répondre à toutes les questions soulevées par l’administration américaine , M. Husseini a relevé que le Royaume ne cherche pas à entrer dans un conflit ouvert avec les Etats-Unis en tant qu’Etat.

L’universitaire marocain a fait noter dans ce sens que le moyen approprié pour défendre les intérêts marocains dans ce contexte demeure le recours aux groupes de pression qui jouent un rôle important dans une grande société ouverte comme les Etats-Unis d’Amérique.
19/05/2016