A la une


Date de mise en ligne : 1 novembre 2016

Le retour du Maroc au sein de l’UA : un événement marquant de l’histoire de la politique moderne africaine 

Le retour du Maroc au sein de l’Union africaine (UA) constituera un événement marquant de l’histoire de la politique moderne en Afrique, a estimé Altair de Sousa Maia, ce consultant international en affaires économiques africaines et professeur d’économie à l’Université catholique de Brasília.

« Le retour du Maroc au sein de l’Union africaine constituera sans aucun doute un événement marquant de l’histoire de la politique moderne en Afrique. De plus, la réintégration du Maroc au sein du concert des nations africaines permettra de renforcer ce groupement et de jeter un regard nouveau sur les problèmes du continent, particulièrement ceux des pays de l’Atlantique Sud », a-t-il indiqué dans un entretien accordé à la MAP.

De l’avis de M. Maia, également professeur en économie à l’École d’administration des finances relevant du ministère des Finances, le retour du Maroc au sein de l’UA est d’une grande importance en ce sens que le Royaume représente « l’essence des pays africains ».

En effet, explique-t-il, « le Maroc bénéficie d’une stabilité économique et financière mais surtout d’une stabilité politique sous la conduite de SM le Roi Mohammed VI ».

Pour cet auteur spécialisé en questions africaines ayant travaillé au sein du ministère brésilien des Affaires étrangères, « le Maroc offre une multitude d’atouts pour devenir un important point de rencontre entre les pays d’Afrique de l’ouest et de l’Amérique du Sud grâce à sa position géographique privilégiée, à son importante infrastructure portuaire et à sa longue histoire de commerce régional et international qui remonte à des siècles ».

Revenant sur les perspectives du développement du commerce entre les pays d’Amérique du Sud et ceux d’Afrique, M. Maia a relevé que dans le cas précis du commerce entre le Brésil, l’Uruguay et l’Argentine avec les pays d’Afrique de l’ouest, le Maroc peut jouer un rôle important en attirant les compagnies de fret maritime opérant entre l’Amérique du Sud et l’Europe.

« A ce jour, il existe une seule liaison maritime directe entre l’Amérique du Sud et la Côte ouest de l’Afrique (Santos- Dakar) et le Maroc pourrait devenir une bonne alternative », a souligné l’auteur du livre « Africa: Um negocio da China » (L’Afrique et le commerce avec la Chine +2015+)

Et l’économiste d’ajouter que le Maroc pourrait participer davantage au renforcement des relations sud-sud en adhérant à la « Zone de Paix et de Coopération de l’Atlantique Sud » (acronyme Zopacas), une alliance de 24 pays latino-américains et africains créée en 1986 à l’initiative du Brésil et de l’Argentine.

Le groupement, qui comprend deux membres des BRICS (Brésil et Afrique du Sud), un membre du G-20 (Argentine) et deux des principaux producteurs mondiaux de pétrole (Nigeria et Angola), a pour objectif de préserver l’Atlantique-Sud d’armes nucléaires et de destruction massive de même qu’il s’intéresse aussi à la promotion du commerce maritime, précise-t-on.

L’adhésion du Maroc a ce groupement lui ouvrira la voie à une plus grande participation au développement des relations sud-sud à travers une plus grande contribution au mouvement des biens par voie maritime, a suggéré le professeur, qui donne aussi des conférences en économie et en questions africaines dans plusieurs universités brésiliennes.

Selon lui, la tenue d’une rencontre regroupant le Maroc, le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et les pays africains sera également la bienvenue en vue d’examiner les moyens de promouvoir le transport et le commerce dans l’Atlantique sud.

S’agissant de la tenue de la prochaine Conférence de l’ONU sur les changements climatiques (COP22) à Marrakech en novembre, M. Maia n’a pas manqué de souligner l’importance de cette rencontre pour l’Afrique et pour les pays en voie de développement.

« L’Afrique s’est transformée en un dépôt de déchets électroniques importés d’Europe et d’autres parties du monde. La crémation de ces déchets pour extraire les métaux précieux entrant dans la fabrication des ordinateurs et d’autres informatiques nuit gravement à la santé des populations africaines et dégrade l’environnement », a-t-il mis en garde.

Face à ce constat, la réunion de Marrakech « est une occasion idoine pour mettre en relief cette problématique et pour penser à mettre en œuvre des cadres juridiques pour organiser l’importation du matériel électronique usagé et ainsi d’éviter l’importation de déchets dangereux à l’environnement », a-t-il conclu, en souhaitant tout le succès à cette initiative.
————————-
Propos recueillis par Nadia El Hachimi
01/11/2016