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Date de mise en ligne : 18 septembre 2017

Salé : 1-er forum sur les collectivités territoriales en Afrique

Les participants aux travaux du 1-er Forum des managers territoriaux et des instituts de formation ciblant les collectivités territoriales en Afrique, qui s’est ouvert lundi à l’Université internationale de Rabat (UIR), ont souligné la nécessité d’investir dans le capital humain, en vue de développer la gouvernance locale et renforcer les compétences œuvrant dans la gestion des affaires publiques.

Les participants à cette rencontre, placée sous le thème « Les ressources humaines des collectivités territoriales africaines: Le temps d’agir, c’est maintenant! », ont relevé l’importance de renforcer les capacités des ressources humaines des collectivités territoriales, compte tenu de la place qu’elles occupent auprès des autorités publiques et locales dans les différents pays de l’Afrique et l’ensemble des composantes de la société africaine.

A cet égard, le ministre délégué chargé de la Réforme de l’Administration et de la Fonction publique, Mohamed Benabdelkader a souligné que l’élaboration d’une stratégie dédiée au développement global et durable nécessite des capacités à même d’édifier les compétences, notant que les pays en développement devraient investir dans le capital humain en vue de bien gérer et exploiter les ressources disponibles.

Il a, de même, estimé que ce Forum constitue l’occasion de partager les expériences réussies en matière de renforcement des compétences des ressources humaines, relevant l’impératif d’approfondir la réflexion autour de la mise en place d’un service public selon une approche proactive.

M. Benabdelkader a ajouté que le Royaume, qui partage avec les pays africains les mêmes défis et ambitions, a fait du développement global un choix stratégique, du moment qu’il a mis en place, grâce à la conduite éclairée de SM le Roi Mohammed VI, son propre modèle de développement, soulignant que les Orientations Royales en la matière ont mis l’accent sur l’importance du capital humain, étant donné que le développement de l’administration publique et de ses performances ne peut se faire sans des ressources humaines qualifiées.

Par ailleurs, le ministre délégué a passé en revue les différentes réformes de l’administration dans le cadre du programme gouvernemental, expliquant que les mesures entreprises, dans ce sens, ont concerné l’amélioration de la relation du citoyen avec l’administration et la promotion du capital humain, ainsi que le développement des mécanismes de la gouvernance.

De son côté, le Président de l’Association des régions du Maroc et président de la Région de Fès-Meknès, Mohand Laenser a indiqué que le besoin en formation et en qualification du personnel territorial reste la clé du succès, estimant que « la première des priorités est celle de la formation et de la mise à niveau de la fonction publique territoriale pour qu’elle ne soit pas source de retards et de blocage de la décentralisation ».

S’agissant de la formation des cadres, il a précisé que les régions sont appelées à poursuivre et à étendre le travail important réalisé auparavant, notant l’importance que revêt le renforcement des capacités administratives et de gestion dans la réforme territoriale adoptée par le Royaume.

Évoquant les réformes territoriales entreprises par le Maroc, M. Laenser a relevé que « les collectivités territoriales ont vu leur champ de compétences élargi, leur autonomie reconnue, leur pouvoir affirmé et leur responsabilité pleine et entière », ajoutant que l’attraction des managers de grande valeur que nécessite la nouvelle configuration régionale n’est pas seulement une affaire de rémunération, mais également d’autres éléments, tels que le statut de la fonction publique territoriale et la proximité des centres vitaux du pays.

Pour sa part, le président de l’Association des maires de la Mauritanie, vice-président de CGLU-Afrique pour la région Afrique du Nord et chargé des affaires étrangères et de la coopération à l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ISESCO), Cheikh Ould Ahmed Ould Baya a affirmé que « la gouvernance et la décentralisation représentent les défis majeurs pour le processus de développement, car la gestion des ressources humaines ou naturelles, le profit optimal des capitaux et le partage équilibré des mécanismes de fonctionnement administratifs sont autant d’enjeux que les gouvernements, administrations et associations doivent prendre en considération comme conditions clé d’un développement global et durable ».

Il a, en outre, mis en avant les efforts consentis par l’ISESCO dans différents domaines, en coopération avec la CGLU-Afrique, dans le but de promouvoir des méthodes de gouvernance, de bonne gestion des ressources humaines, d’orientation de leadership vers les besoins immédiats de développement et de renforcement des capacités et des échanges, outre la mobilisation des acteurs et décideurs.

Le président de l’association marocaine des présidents des conseils communaux (AMPCC), Mohamed Boudra a, quant à lui, salué les efforts consentis par la Direction générale des collectivités locales (DGCL) en matière de formation continue et qui ont permis aux collectivités territoriales marocaines de faire face à bon nombre de problèmes quotidiens.

« Cependant, les collectivités territoriales sont aujourd’hui tenues de fournir des services à un citoyen devenu plus exigeant et plus informés sur ses droits, nécessitant ainsi des réponses promptes et adéquates », a-t-il ajouté, relevant que devant cette nouvelle dynamique, la voie de formation continue des ressources humaines territoriales n’est plus suffisante à elle seule et doit nécessairement être accompagnée de formations diplômantes, à même de soutenir une bonne gouvernance locale.

Au programme de cette rencontre, qui s’étale sur quatre jours, figurent des conférences traitant différentes thématiques à savoir, « La place du capital humain dans le nouveau contexte géopolitique de la décentralisation en Afrique », « La mise en réseau entre managers territoriaux: Apprentissage par les pairs » et « La promotion de la qualité de l’éducation, de la formation et du renforcement des capacités ciblant l’administration publique locale ».

Prennent part à cette manifestation, inscrite dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de la fonction publique, fêtée chaque année le 23 juin, depuis 2003, près de 300 participants issus de 43 pays africains, parmi lesquels des ministres de la décentralisation et de la gouvernance locale, des présidents d’associations nationales des collectivités locales, des maires, des élus locaux, des managers des collectivités territoriales, des présidents et des directeurs d’institutions de formation, des responsables des réseaux professionnels des administrations locales et des experts en gouvernance locale.
18/09/2017