Conflit du Sahara marocain

La question du Sahara marocain demeure l’un des plus anciens conflits qu’a connus l’histoire contemporaine du fait du chaevauchement des intérêts des parties au conflits et l’hostilité face au droit historique et légitime sur son Sahara. Près de quatre décennies après son déclenchement, le conflit autour du Sahara n’a pas encore trouvé de solution définitive et consensuelle.

Le dossier du Sahara est à l’origine une simple question de décolonisation qui devait intervenir et qui s’est réalisée entre deux pays : le Maroc et l’Espagne, qui ont toujours soldé leurs comptes de l’époque coloniale de la même manière qu’ils l’ont fait pour le Sahara, à savoir la négociation.

Ce conflit avait connu ses tout premiers débuts depuis les années 60 du siècle dernier, lorsque le Maroc avait demandé la récupération de son Sahara juste après avoir accéder à son indépendance. Le Maroc avait insisté sur cette question après que les autorités coloniales espagnoles, qui tout en cédant Tarfaya en 1958 et Sidi Ifni en 1969, avaient refusé de livrer le territoire du Sahara au Maroc tout comme Sebta et Melilla au nord du Maroc.

A cette époque, le colonisateur espagnol planifiait de mettre en place un gouvernement local sous l’autorité et la tutelle espagnoles. Pour y parvenir, il avait déclaré unilatéralement en août 1974 sa décision d’organiser un référendum au Sahara au cours de la première moitié de 1975. Le Maroc avait catégoriquement rejeté cette décision. Ceci s’était illustré clairement dans le message adressé par feu le Roi Hassan II au président espagnol et dans lequel le Souverain il lui avait fait part de la préoccupation du Maroc et sa détermination à s’opposer à cette mesure unilatérale, car elle n’est pasx conforme avec les résolutions des Nations Unies. Parrallèlement, le Roi Hassan II avait envoyé deux émissaires à plusieurs capitales mondiales pour exposer la position marocaine vis-à-vis de la question du Sahara. Dans le même sillage, feu Hassan II porta l’affaire du Sahara devant la Cour Internationale de justice (CIJ) à La Haye pour définir la situation juridique de territoire.

Le 18 septembre 1974, le Maroc avait demandé l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice (CIJ), après avoir sollicité l’Assemblée générale de l’ONU de surseoir à tout processus lié à un référendum au Sahara occidental jusqu’à ce que la Cour rende son avis dans l’affaire. Suite à cette demande, l’Assemblée générale avait adopté la résolution n° 3292 en date du 13 décembre 1974, dans laquelle elle avait demandé à la Cour internationale de Justice, sans préjudice de l’application des principes contenus dans la résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale, de donner, à une date rapprochée, un avis consultatif sur la question du Sahara.

Le 6 octobre 1975, la Cour a rendu son avis consultatif sur le Sahara, en reconnaissant que le Sahara occidental n’était pas un territoire sans maitre avant la colonisation espagnole, tout confirmant l’existence de liens juridiques et d’allégeance entre les Sultans du Maroc et les tribus sahraouies.

La mobilisation marocaine ne s’était pas limitée à ce stade. Ainsi,le Maroc a été soutenus par les pays arabes et africains. Ainsi, le Royaume d’Arabie saoudite avait, au nom de tous les pays arabes, demandé à l’Espagne en date du 1er octobre 1974 de résoudre dans les meilleurs délais le problème du Sahara. De même, le secrétaire général de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) avait en date du 14 mars 1975 exprimé le soutien de l’Organisation panafricaine au Maroc pour la libération de ses territoires spoliés. Même soutien a été exprimé par le Gouvernement de la Côte-d’Ivoire qui avait en date du 25 mars 1975 désigné M. Alfonso Ponce pour représenter le Maroc à la Cour internationale de Justice.

Après la reconnaissance de la CIJ des droits historiques du Maroc au Sahara, feu le Roi Hassan II avait annoncé le 6 novembre 1975, l’organisation d’une marche verte vers le Sahara avec la participation de 350 mille personnes. Cet événement qui a marqué l’histoire du 20ème siècle, avait mis l’Espagne devant une nouvelle donne qu’elle n’attendait point, ce qui l’a contraint à accepter de mener des négociations avec le Maroc au sujet du Sahara. Ainsi, le sommet tripartite, Maroc, Espagne et Mauritanie, tenu à Madrid le 14 novembre 1975 avait été couronné par la signature d’un accord en vertu duquel le territoire du Sahara a été soumis sous administration tripartite et ce, pour une période transitoire de trois mois, suivie par le retrait de l’Espagne.

Au moment où le Roi Hassan II se préparait pour le lancement de la marche verte, l’Algérie avait annoncé le 21 octobre 1975, qu’elle s’opposait à l’organisation de cette marche pacifique et mobilisé à cet effet sa diplomatie dans les grandes capitales mondiales afin de contrecarrer le parachèvement de l’intégrité territoriale du Maroc.

Face à cette position étrange de l’Algérie, et dans un souci d’accentuer la pression sur le Maroc, le régime algérien est allé plus loin en expulsant 350 mille marocains de l’Algérie, dans ce que l’ex-président algérien Houari Boumédien appelait la « marche noire ».
Les négociations entre le Maroc et l’Espagne s’étaient soldées par le départ des troupes espagnoles du Sahara marocain en février 1976.

A cette époque, le voisin de l’Est a affiché ses ambitions en tentant d’occuper des régions au Sahara juste après le départ des forces espagnoles.
A l’approche de la date de l’évacuation des troupes espagnoles du Sahara marocain, des officiers et soldats de l’armée algérienne s’infiltraient le 27 janvier 1976 au village d’Amgala, situé près de la ville de Smara et de la frontière avec la Mauritanie. Le contingent algérien est entré en guerre avec un bataillon des Forces armées royales. Le 29 janvier, l’armée algérienne avait été contrainte de se retirer de la région d’Amgala, en laissant 100 morts et 200 prisonniers entre les mains des FAR. Ils ont été relâchés par la suite.

Dans une tentative désespérée de justifier la présence d’éléments de son armée sur le territoire marocain, l’Algérie avait véhiculé via ses médias qu’il s’agissait d’un convoi de camions transportant de la nourriture et des médicaments et non d’un groupe armé.

Dans son ouvrage « Histoire du mouvement national » Tome II, l’écrivain et historien marocain Abdelkrim Ghellab, écrit que « la victoire à Amgala a mis fin à la guerre au Sahara dans la mesure où les batailles qui s’en étaient suivies n’étaient que des guérillas. Si l’Algérie remportait la guerre d’Amgala, la région allait devenir une passerelle pour tenter de contrôler le Sahara ».

Deux semaines après la guerre d’Amgala, feu le Roi Hassan II adressa un message au président algérien, Houari Boumediene dans lequel il dit:

« Je vous adjure d’éviter au Maroc et à l’Algérie un autre drame. Je vous demande aussi de faire en sorte , soit par une guerre loyalement et ouvertement déclarée, soit par une paix internationale garantie, que dorénavant, on ne dise plus chez moi, dans mon pays, parmi mon peuple, Algérie=Inconstance ».

Comme tentative infructueuse occupation Omgalh, n’a pas abandonné voisin de l’Est d’essayer d’étendre sa main sur le Sahara marocain, mais elle a essayé de faire précéder nouveau les événements.
Les forces d’occupation espagnoless’étaient retiré du Sahara le 28 février 1976. La veille l’Algérie proclama la «République arabe sahraouie démocratique”.

La réponse officielle du Maroc a été le message adressé par feu le Roi Hassan II, aux Forces Armées Royales, « et sans cacher la gravité de la situation, et sans dramatiser la situation. Nous sommes déterminés à défendre par tous les moyens l’unité du Royaume et à assurer la sécurité et la quiétude pour notre peuple », ce qui signifie que l’Algérie est déterminée à combattre lutter contre le Maroc. Abdelkrim Ghellab avait écrit : « Quand l’Algérie a eu son indépendance, les dirgeants algériens avaient un complexe à savoir que le peuple algérien avait réussi une révolution qu’aucun autre peuple n’a pu réaliser ».

Bien que l’Algérie dispose d’un vaste territoire, ses dirigeants aient tenté dur pour scléroser l’avenir des pays voisins et vu que le Maroc, fort de son leg historique et jouit d’une position géographique privilégiée, est le mieux placé pour former une union entre les pays de l’Afrique du Nord et rivaliser avec l’Algérie le leadership de la région. Cet état de fait a poussé les dirigeants algériens à contercarrer le Maroc dans le parachèvement de son unité territoriale. C’est ainsi que l’Algérie créa le polisario et tenter d’affaiblir le Maroc par les guérillas.

Pour le régime algérien, le parachèvement de l’intégrité territoriale par le Maroc constitue une menace pour Alger et rendra le Royaume un concurrent sérieux, un tel souci qui justifie les ambitions de l’Algérie pour étendre son hégémonie sur le le Sahara marocain.

Il est évident que le voisin de l’est aspire à avoir une issue sur la mer et précisément un port sur l’océan Atlantique pour commercialiser le fer de Jbilet. Ceci ne pourrait se concrétiser que si la région du Sahara est sous l’autorité d’un « Etat » crée par lui-même. Les intentions de l’Algérie s’étaient affichées depuis la première attaque sur le Maroc à Hassi Bida et Hassi Tanjoub en 1963, alors que l’Algérie venait d’accéder à l’indépendance. Certes, l’Algérie a continué sa guerre contre le Maroc jusqu’à ce qu’elle crée le Front Polisario en l’abritant sur son sol à Tindouf, et en cherchant par tous les moyens la reconnaissance de l’Etat fantoche par certains pays corrompus. Selon l’enseignant-universitaire, Abdelouahed Nasser, « l’Algérie n’a pas lésiné sur les moyens financiers en offrant des pot-de- vins et des commissions à certains pays pauvres en échange de leur reconnaissance de la fantomatique de la RASD. Elle a même lancé des chaines radiophoniques servant de porte-parole pour le polisario. … Cela confirme concrètement que les succès diplomatiques réalisés par le front en terme de reconnaissance par certains pays, et de gagner la sympathie d’autres, lui a permis de réaliser des acquis que plusieurs autres mouvements de libération n’ont pas réussi et ce grâce à l’Algérie qui déploie tous ses moyens et mécanismes », ajoute le professeur.

La mobilisation de l’Algérie ne s’est pas arrêtée au stadee de réccueillir les reconnaissances de l’Etat fantoche, mais elle même allée à promouvoir l’idée de négociations au niveau des Nations Unies et des foras internationaux en ce sens le régime algérien s’est servi de sa présence dans les rencontres, colloques et congrès internationaux pour appeler à des négociations directes entre le Maroc et le polisario, ce qui signifie une reconnaissance implicite de ce mouvement.

Cette politique a eu un rôle majeur dans l’adoption du plan de l’ONU pour un référendum au Sahara en 1988. Le Maroc avait accepté de s’asseoir avec le mouvement Polisario autour de la table de négociations, à condition que celles-ci soient supervisées par un représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU.

Faut-il rappeler que cette étape a été précédée par de nombreux incidents provocateurs fomentés par l’Algérie, dont la bataille de Tan Tan les 28 et 29 janvier 1979, la bataille de Smara le 14 mars 1979, la bataille de Bir Inzaren le 11 août 1 979, la bataille de Mssid le 13 septembre 1979, la bataille de Boukraa et de Laayoune le 28 janvier 1980, la bataille de Boujdour le 13 février 1980 et la bataille d’Akhnifis le 26 septembre 1980.

La région s’est enlisée dans une situation d’instabilité en dépit d’un cessez-le feu entre les deux parties. Mais, la situation allait s’apaiser lorsque le Secrétaire général de l’ONU ait élaboré un plan de paix qui a été présenté aux parties le 11 août 1 988 avant qu’il ne soit approuvé par la résolution onusienne n ° 629 datée du 23 septembre 1988.

Les deux parties au conflit ont également exprimé leur volonté de mettre en œuvre ce plan. Mais, la mise en application de ce plan bute sur de nombreux problèmes dont:
La question des négociations directes, les critères d’identification des participants au référendum, la question de la désignation des chioukhs des tribus de chaque côté dans la commission d’identification.

Le processus d’identification avait débuté en juillet 1994 avait qu’il ne soit suspendu à partir de janvier 1996 en raison du refus du Front Polisario des listes présentées par le Maroc, ce qui entrainait le retrait d’une partie de la MINURSO.

Mais, les pourparlers menés sous la supervision du Représentant spécial des Nations Unies, James Baker se sont soldés par l’adoption d’une déclaration qui a définit les engagements des deux parties en ce qui concerne le plan de paix de 1988 outre l’obligation de se conformer à la charte relative àla campagne référendaire mise en place à Houston.

C’est ainsi que l’opération d’identification se poursuivait en date du 3 décembre, 1997 après que le Front Polisario eut accepté les conditions régissant le référendum qui était prévu pour le 7 décembre 1998, date fixée par le Secrétaire général des Nations Unies, après l’avoir été reportée cinq fois de suite.

Face aux difficultés qui planaient sur le plan de règlement des Nations Unies, et sur le processus d’identification des personnes éligibles pour participer au référendum, l’ONU avait adopté la résolution 1309 en date du 25 juillet 2000 et qui souligne l’importance de recourir à une solution politique comme l’une des options qui pourrait être acceptée par les parties concernées, et partant permettrait de dépasser les problèmes rencontrés par le processus référendaire, notamment en matière d’identification. L’ONU a été enfin convaincu de l’échec et de l’impossibilité d’organiser le le référendum, qui est basé sur l’identification du coprs électoral.

En 2007 et après que la situation se trouvait dans l’impasse, le Maroc a présenté un projet d’autonomie, qui le fruit d’un processus de concertation aux niveaux national et locale avec l’implication de toutes forces vives marocains, les élus, les les citoyens sahraouis à travers le Conseil consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS). Ce projet, qui s’impose comme solution juste et réaliste de la question du Sahara marocain , a été favorablement accueilli par plusieurs pays.